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La foi, enracinée dans l'expérience humaine

Le dimanche 17 février 2008


Aujourd’hui, nous entreprenons la deuxième semaine de notre parcours de carême. Je voudrais partager avec vous des réflexions qui me sont inspirées par les textes bibliques de la messe de ce dimanche.

Permettez-moi tout d’abord de vous les présenter brièvement. La première lecture, tirée du livre de la Genèse, raconte la vocation et la mission d’Abraham. Dans la seconde lecture, saint Paul se réjouit de la vie pleine et entière que Dieu nous accorde dans le Christ Jésus. Enfin, l’évangile rapporte la scène de la transfiguration où se trouve dévoilée l’identité profonde de Jésus, le Fils bien-aimé de Dieu.

Chacun de ces textes mériterait un commentaire approfondi mais une chronique comme celle-ci n’est pas appropriée pour se livrer à un tel exercice. On peut toutefois déceler un fil conducteur qui traverse des textes qui n’étaient pas destinés à être lus l’un à la suite de l’autre. Ce fil, c’est la foi.

On peut aborder la foi sous différents angles. On définit souvent la foi comme l’adhésion à un ensemble de grands énoncés dogmatiques qui, dans certains cas malheureusement, vont provoquer des disputes théologiques autour de leur interprétation. Il arrive aussi d’associer la foi à la pratique de rites, de dévotions ou de coutumes alimentaires et vestimentaires.

La foi ne se résume pas à ces deux aspects, bien qu’ils soient légitimes et nécessaires. Il est essentiel que ce qui est cru ne heurte pas l’intelligence humaine et soit analysé par la raison. Il est important également, que la foi s’exprime concrètement dans le tissu de la vie quotidienne et qu’elle reflète, par le fait même, les diverses cultures des croyants et des croyantes. Dans les deux cas, on doit toujours maintenir vive la recherche de cohérence.

Je veux m’arrêter aujourd’hui, sur l’expérience de la foi qui est enracinée dans l’existence humaine. Pour certaines personnes, la foi surgira de leur quête spirituelle. Mais pour un plus grand nombre, la foi est la lumière qui les guide sur les chemins de la vie et qui les inspire dans leur manière de vivre. Les textes bibliques de ce dimanche nous présentent un nombre impressionnant de ces témoins de la foi : Abraham, Moïse, Élie, Jésus, Pierre, Jacques, Jean, Paul, Timothée.

L’expérience la plus significative est sans doute celle d’Abraham. Son mode de vie semi-nomade l’a amené à sillonner les routes du Proche-Orient ancien avec les gens de son clan, à la recherche de pâturage pour son petit bétail. Il s’arrêtait ici et là, en bordure des villes, pour faire du commerce et transmettre les nouvelles. Ce mode de vie a certainement influencé les gens de la bible à comparer l’expérience de la foi à un pèlerinage.

Croire, c’est répondre à un appel intérieur, c’est se lever et parcourir les chemins de la vie à la recherche de Dieu, en quête de sens et de vérité pour appuyer son existence sur des bases solides. Les êtres humains ont besoin d’une vérité qui les dépasse et les amène à se surpasser.

Pour les uns, cette vérité sera la justice, pour d’autres, la paix ou la solidarité. Mais à l’être humain qui croit, Dieu révèle sa vérité qui est amour, dans la personne de Jésus. Il nous appelle à marcher à sa suite en nous appuyant solidement sur l’amour comme fondement de notre vie, afin de demeurer un jour dans la communion de Dieu.

Une telle conception de la foi exige un cœur humble et pauvre, ouvert à l’amour de Dieu et respectueux des autres chercheurs de vérité.

 

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17 février 2008