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Mgr François de Laval

Le dimanche 13 janvier 2008


Alors que débutent les festivités du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec, je veux rendre hommage à l'une de ses figures les plus distinguées, le Bienheureux François de Montmorency de Laval. Le premier évêque de Québec peut être compté parmi les fondateurs de l'Église canadienne avec les Bienheureuses Marie de l'Incarnation et Catherine de Saint-Augustin.

François de Laval est né le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre, dans le diocèse de Chartres. Son appartenance à une noble famille française, les Montmorency, le destine à un avenir prometteur. De 1631 à 1641, il fait ses études littéraires et philosophiques au célèbre collège des jésuites de La Flèche, et poursuit des études de théologie à Paris, toujours chez les jésuites. Il sera ordonné prêtre à l’âge de 24 ans. Consacrant son ministère aux malades et aux pauvres, il se découvre une vocation missionnaire.

En 1653, on le pressent pour le vicariat apostolique du Tonkin (le Viêt-Nam actuel). Mais le Portugal s’opposant à la présence française, le projet est remis. En 1658, on revient avec la proposition de vicaire apostolique de la Nouvelle-France. François de Laval accepte cette nomination qui ne plaît cependant pas à l’archevêque de Rouen qui prétend exercer sa juridiction en Nouvelle-France. À cause de cette opposition, François de Laval est ordonné évêque secrètement, le 8 décembre, en l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Le 13 avril 1659, il s’embarque vers son pays de mission et deux mois plus tard, le 16 juin, il arrive à Québec. Ce sera le premier de cinq voyages entre la France et le Canada.

La colonie n’a que 50 ans d’existence. Elle compte 2 500 habitants répartis en 5 paroisses. L’implantation de l’Église avait été jusque-là l’œuvre des jésuites et des franciscains récollets. Ayant été formé par les jésuites, François de Laval trouve chez eux de précieux collaborateurs. Il leur confie la poursuite du travail missionnaire auprès des Amérindiens, tandis que lui se consacre à l’organisation sédentaire de l’Église.

Mgr de Laval vit dans une société où les pouvoirs politiques et religieux sont étroitement associés. C’est Louis XIV qui le nomme évêque de Québec et membre du Conseil souverain de la Nouvelle-France. Mais ce n’est qu’en 1674 que Rome ratifie la nomination et fonde le diocèse de Québec. C’est auprès de Louis XIV que Mgr de Laval obtient le rétablissement de l’interdiction du trafic de l’eau-de-vie avec les Amérindiens. Ce trafic était la cause de toutes sortes d’actes de violence. Cette lutte l’a souvent opposé aux gouverneurs, dont Frontenac.

Il faut retenir de Mgr de Laval son sens pastoral appuyé sur une vie spirituelle intense faite de détachement, de pauvreté et de confiance inébranlable en la volonté de Dieu. Imprégné de l’esprit de la restauration de l’Église, il souhaite créer une Église nouvelle dans un pays neuf. Il commence par fonder le Séminaire de Québec qui est à la fois un lieu de formation des futurs prêtres, un milieu de vie pour le clergé, un centre de direction des paroisses et de gestion des ressources financières alimentées par des dons provenant de la mère patrie et par ses propres biens. Cette institution assumait la vie pastorale et économique de l’Église alors que la population devait d’abord se soucier de sa propre subsistance. À sa mort, survenue le 6 mai 1708, Mgr de Laval lègue tous ses biens au Séminaire.

Mgr de Laval visitait régulièrement son immense diocèse qui s’étendait de part et d’autre du Saint-Laurent, de Rivière-du-Loup jusqu’à Ville-Marie, pour se limiter la portion québécoise. En fait, il avait la charge pastorale de toute l’Amérique du Nord. Il rencontrait les colons et les Amérindiens, célébrait les confirmations, encourageait la pratique de dévotions à la Sainte-Famille et à Sainte-Anne.

En cette année de 400e, il est bon de ne pas oublier ceux et celles qui sont à l’origine de notre nation.


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13 janvier 2008