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La deuxième encyclique de Benoît XVI.

Le dimanche 16 décembre 2007


Une encyclique est une lettre solennelle que le pape adresse à tous les catholiques. Elle traite toujours d'un point important de la doctrine ou de la vie chrétienne.

Le pape actuel a publié sa première encyclique le 25 décembre 2007. Intitulée «Dieu est amour», elle expliquait ce qu'est l'amour chrétien. Un an plus tard, voici que nous est adressée une seconde encyclique qui invite à réfléchir sur l'espérance. Le sujet est susceptible d'intéresser non seulement les catholiques mais toute personne de bonne volonté. Qui peut vivre sans espérer?

Cette encyclique est riche et dense. Elle n'est pas à lire dans le bruit, ni en tendant une oreille discrète à ce que raconte la télévision, et surtout pas pendant que les enfants se chamaillent! Il m'est impossible de résumer son contenu en quelques lignes. Je tiens cependant à signaler quelques points qui ont retenu mon attention et vous donneront peut-être le désir d'aller voir de plus près ce qu'on trouve dans ce document.

Il est donc question d'espérance dans ce texte. L'espérance, on le sait, est la seconde des trois vertus théologales, les deux autres étant la foi et la charité. Foi, espérance et charité (ou amour) sont les trois piliers de toute existence chrétienne. Une troisième encyclique abordera-t-elle les questions que pose la foi dans notre monde? Je n'en serais pas étonné.

Dans la première partie de sa lettre, Benoît XVI parle d'abord de l'espérance qui a habité le cœur des hommes et des femmes de tous les temps, et s'est manifestée de diverses manières. Il note ensuite qu'aujourd'hui, nous parlons souvent d'espérance en la fondant sur le progrès scientifique et la recherche des biens matériels. L'espérance chrétienne est d'une autre nature, précise-t-il. Elle nous tourne vers Dieu, elle se fonde sur la foi que nous avons en son existence et elle affermit en nous la conviction que, même lorsqu’humainement tout semble perdu, nous pouvons encore espérer. L'espérance nous fait tendre vers une vie déjà donnée en germe, et qui s'épanouira pleinement au-delà de la mort.

La deuxième partie de l'encyclique invite à considérer les principaux «lieux» où l'espérance chrétienne peut se vivre, s'exprimer et s'approfondir.

Le premier de ces lieux est la prière. «Si personne ne m'écoute plus, écrit le pape, Dieu m'écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu» (n. 32). En me liant à Dieu, en me mettant à l'écoute de ses promesse, en me donnant d'accueillir en moi sa vie, la prière m'aide à faire de moi un être qui espère… qui espère quoi qu'il arrive et quoi qu'il m'arrive.

Le second lieu nommé est celui de l'agir. En tant que chrétien, je ne peux pas me contenter d'être personnellement quelqu'un qui vit dans l'espérance. Je dois de plus travailler à construire un monde et des conditions de vie qui aident ceux et celles qui m'entourent à vivre eux aussi dans l'espérance. L'espérance chrétienne conduit à espérer non seulement pour soi, mais aussi pour les autres et avec eux.

Autre lieu d'espérance : la souffrance. Celle-ci doit certes être combattue et, si possible, surmontée. Mais, étant donnée notre finitude, elle ne sera jamais totalement évacuée. L'espérance permet de l'assumer et de la traverser en demeurant orienté vers la vie: celle d'ici-bas et celle de l'au-delà.

Cette deuxième encyclique de Benoît XVI a un titre latin extrait de la lettre de l'apôtre Paul aux Romains: Spe salvi – Dans l'espérance nous avons été sauvés. C'est un très beau titre!

 

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16 décembre 2007