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La Guignolée nous revient.

Le dimanche 9 décembre 2007


En ces jours qui nous rapprochent du temps des fêtes et nous invitent à penser aux cadeaux que nous échangeons à cette période de l’année, la guignolée et les autres collectes de Noël viennent nous rappeler la situation difficile de bien des gens.

La guignolée est bien présente dans le paysage montréalais. Depuis quelques années, les grands médias ont joint leurs efforts pour faire, ensemble et le même jour, cette levée de fonds et de denrées. Autrefois, la guignolée avait un caractère beaucoup plus local. Aujourd’hui, elle est devenue un événement important à Montréal et ailleurs. Je les félicite pour le succès de la journée de jeudi.

La guignolée, en raison du temps de réjouissance à Noël, jette une lumière particulière sur la pauvreté de beaucoup de foyers qui, pour vivre, doivent aller frapper à la porte de la Société Saint-Vincent de Paul, de Sun Youth ou d’autres organismes locaux d’aide. Des personnes, qui hier encore ont pu donner à la guignolée, en sont parfois les bénéficiaires aujourd’hui.

Il n’est pas nécessaire d’insister sur un appel à la générosité quand nous sommes sollicités. Certains peuvent hésiter en disant que ce geste posé à l’occasion des fêtes ne règle rien à la situation de misère que vivent ces personnes dans le besoin, et que c’est au gouvernement à s’en occuper. C’est en partie vrai, mais à chacun sa contribution. Ce geste personnel aide les bénéficiaires à ne pas trouver un réfrigérateur vide ou une table dégarnie quand vient l’heure du repas, à un temps où celui-ci se fait festif pour tout le monde. Et il permet aussi à ces organismes de continuer, après le temps des fêtes, de répondre aux demandes d’aide qu’ils reçoivent.

La guignolée pose le problème de la pauvreté dans notre pays qui est pourtant parmi les plus riches au monde, mais réussit-elle à nous questionner suffisamment sur nos habitudes de vie et nos comportements à l’égard des gens dans le besoin, pour les changer, les modifier?

Nous vivons dans un monde de consommation. La publicité sous toutes ses formes nous sollicite à consommer. Consommer des produits dernier cri et toujours plus attrayants parce que nouveaux et qui seront remplacés par d’autres produits qui rendront vite démodés ou dépassés ceux que nous possédons déjà. La publicité est là pour faire tourner la roue du désir en nous répétant sur tous les tons : la consommation rend heureux. Et nous y croyons et nous consommons. Nos placards et nos commodes qui débordent en sont les témoins. Pourtant…

La guignolée devrait nous faire prendre conscience de notre inutile consommation. Si un peu, un tout petit peu, de notre superflu était dirigé vers les organismes qui, à longueur d’année, répondent aux besoins des pauvres, cela serait d’un grand secours pour ces organismes de première ligne. Et nous apprendrions à goûter la joie du partage. Ce serait aussi une façon de repartir la richesse de notre société dont nous profitons.

Le temps qui nous achemine vers Noël est pour les chrétiens un temps de préparation à célébrer la naissance de Jésus. C’est un temps d’espérance. Nous croyons que Jésus est venu apporter l’espérance d’un monde meilleur : plus juste, plus attentif au sort des pauvres, plus ouvert à la présence de Dieu dans le prochain. Un monde plus humain, un monde pour le monde et non pour le profit, la consommation, le chacun pour soi. Un monde où la richesse de notre terre serait mieux partagée. Il n’est pas encore arrivé, mais quand chacun se met à vivre vraiment l’Évangile de Jésus, le monde change, se transforme, s’humanise. C’est pourquoi l’espérance est possible.

Soyons généreux! C’est important.

 

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9 décembre 2007