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Sommes-nous en mal d'espérance ?

Le dimanche 2 décembre 2007

Cette question m'a été posée il y a quelques jours par un ami avec qui je causais.

Cet ami me parlait de pauvreté qui ne cesse de croître à Montréal, du taux de suicide des jeunes au Québec, des familles disloquées et des enfants qui en souffrent le plus. Il évoquait les églises de chez nous de moins en moins fréquentées le dimanche et l'avenir sombre qu'il entrevoyait pour le catholicisme dans notre province.

À partir de réalités bien connues, il faisait aussi état de la situation du monde: guerres qui persistent, nouveaux conflits qui éclatent, écart sans cesse grandissant entre riches et pauvres. Et que dire du matérialisme envahissant, du consumérisme, du réchauffement de la planète, de l'exploitation des plus faibles, de la violence, des atteintes aux droits de la personne et de beaucoup d'autres plaies que nous ne parvenons pas à guérir malgré les nobles efforts que nous accomplissons et les beaux discours que nous aimons prononcer!

«L'espérance tire de l'aile», en venait-il à conclure.

On peut être d'accord avec lui. Il reste que c'est aux heures les plus sombres que l'espérance est, pour ainsi dire, à son meilleur. Quand rien ne va plus, c'est plus que jamais le temps de se tourner vers elle. Quand de grands pans de murs s'écroulent, c'est à elle qu'il faut s'accrocher. Quand nos raisons de vivre s'effritent, c'est l'espérance qu'il faut appeler à notre secours.

«L'espérance est la vertu caractéristique des temps les plus difficiles», lui ai-je dit, en soulignant que cette phrase – citée de mémoire – était de mère Teresa.

Ce n’étaient pas les raisons de désespérer qui devaient manquer à cette femme, me dit mon ami. Même son Dieu semblait l'avoir abandonnée, ajouta-t-il. Il faisait allusion à un volume récemment publié dans lequel la sainte fait état de la longue nuit spirituelle qu'elle a traversée.

Il se pourrait, continua-t-il, que l'espérance, que nous imaginons comme quelque chose de très grand, ne soit en fait que quelque chose de très petit. Quelque chose comme une petite flamme qu'on ne remarque même pas en plein jour ou quand tout va bien, mais qui permet d'avancer et de continuer à vivre quand on est dans la nuit.

J'ai aimé cette image: une toute petite lumière capable de faire reculer la nuit; une flamme fragile qui empêche de trébucher dans le noir et devient une grande force pour poursuivre la route.

Le silence s'était installé dans la pièce. Mon ami avait fermé les yeux. En les rouvrant, il me dit se souvenir d'une phrase qui l'avait tellement frappé qu'il pouvait aujourd'hui me la citer mot à mot: «L'espérance c'est croire déjà en 1940, en pleines victoires d'Hitler, que l'hitlérisme un jour sera vaincu.»

J'ai écrit cette phrase sur un bout de papier, afin de ne pas l'oublier. J'ai aussi écrit la suivante dont il se souvenait, et qui est aussi profonde et belle que la première: «L'espérance, c'est ce qui surgit quand il n'y a plus d'espoirs humains.»

Ces deux phrases, je les médite encore. Elles ne mentionnent pas Dieu explicitement, mais je les comprends mieux en pensant à lui. Pour un chrétien, la foi va de pair avec l'espérance. Elle donne d'espérer aux heures les plus sombres, même quand tout paraît si désespérant! Notre «en mal d'espérance» pourrait avoir à sa source un manque de foi.


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2 décembre 2007