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Le Chaînon a 75 ans Le dimanche 25 novembre 2007 Le Chaînon fête ses 75 ans cette année. J’ai beaucoup d’admiration pour cet organisme qui accueille des femmes en difficulté, des femmes qui ont besoin d’un peu d’aide pour retrouver espoir. Tout le monde connaît bien le Chaînon. Ses porte-parole pendant de nombreuses années, Yvon Deschamps et Judy Richard, se sont fort bien acquittés de la tâche de publiciser ses activités et ses besoins, de créer des liens, d’inciter d’autres artistes à s’impliquer. Serge Postigo et Sylvie Boucher ont maintenant pris la relève. Mais sait-on que le Chaînon a été fondé en 1932 par Mme Yvonne Maisonneuve, une femme reconnue pour son sens de l’empathie, sa débrouillardise et sa foi en la Providence? Mme Maisonneuve était une femme qui voulait faire le bien, aider son prochain comme on le disait en ce temps. Et elle n’avait pas peur d’innover. À cette époque, en pleine crise économique, il était fréquent que des jeunes femmes seules et sans ressources arrivent à Montréal dans l’illusion d’y trouver une vie plus facile que dans leur campagne éloignée. Après quelques échecs, ne sachant souvent où aller, elles étaient souvent réduites à une extrême pauvreté, obligées à vivre d’expédients quand elles ne tombaient pas carrément sous l’emprise d’un souteneur. Yvonne Maisonneuve voulait leur éviter ce mauvais sort. Ce fut donc la première mission du Chaînon, accueillir et conseiller des jeunes filles dans le besoin. Pour mieux joindre les jeunes filles, Mme Maisonneuve et ses associées ont même ouvert des comptoirs d’accueil dans les gares. Malgré le peu de ressources dont elle disposait, la fondatrice se débrouillait pour accepter toutes les demandes. Dès les débuts, le service d’accueil du Chaînon a été composé de femmes, des associées qui acceptaient de consacrer leur vie au bien-être des autres, ne recevant pour tout salaire que le gîte et le couvert. Le groupe des associées existe légalement depuis le 22 août 1950 sous le nom de l’Institut Notre-Dame de la Protection. Le Cardinal Léger lui accorda alors une reconnaissance officielle. Beaucoup plus, tard, le 27 septembre 1978, l’Institut Notre-Dame de la Protection devient l’Association d’Entraide Le Chaînon Inc. En 1996, un conseil d’administration élu prend en charge la gestion de l’organisme. En 2007, il y a toujours des associées qui œuvrent au Chaînon à temps plein ou à temps partiel. Leur implication ne s’est jamais démentie depuis la fondation. Le Chaînon gère ses activités en misant sur l’entraide et la solidarité. Sans subvention ou presque, l’organisme est riche de l’engagement de son personnel, de la générosité de ses fournisseurs, du dévouement de ses bénévoles et de l’appui des entreprises et du grand public. Avec un budget annuel de deux millions de dollars et grâce à une gestion serrée, le Chaînon peut offrir différentes formes d’hébergement à des femmes qui ont besoin d’un soutien temporaire. Ainsi chaque année, quelque sept cents femmes sont admises au Chaînon, plus de 55 000 repas sont servis et plus de 21 000 couchers sont offerts. Après 75 ans, l’œuvre d’Yvonne Maisonneuve se poursuit solidement même s’il ne faut jamais rien prendre pour acquis. Cette femme était une grande croyante. Elle croyait en Dieu. Elle croyait que tout être humain, malmené par la vie ou pas, a besoin d’un lieu pour se reposer, pour se ressourcer, pour planifier l’avenir en toute sécurité. C’est ce qu’elle a offert aux femmes avec le Chaînon. Longue vie au Chaînon! |
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