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La musique sacrée

Le dimanche 18 novembre 2007

Qui n’apprécie pas la musique? Je ne pense pas ici à un genre de musique en particulier, mais tout simplement à la musique qui donne à l’âme humaine son plus beau langage pour s’extérioriser.

Loin de moi l’intention de déprécier les autres types d’expression artistique! Mais la musique a ceci de particulier qu’elle est un langage universel qui transcende les langues et les frontières. Où que l’on aille sur cette terre, on y entendra les musiques les plus diverses. Ces musiques du monde s’ajoutent au chant de la nature pour exprimer toute la gamme des sentiments qui nous habitent.

La science de l’acoustique peut nous expliquer que la musique est produite par des vibrations sonores avec leur amplitude, leur fréquence, leur modulation, leur rythme. Mais ce sont les airs et les mélodies qui naissent du génie inventif des compositeurs qui parlent à notre cœur, qui nous restent accrochés dans l’oreille, qui nous font rire ou pleurer, qui nous font danser et taper du pied et des mains. Nous les fredonnons, sifflotons, turlutons, parfois sans nous en rendre compte.

La musique a le pouvoir de nous consoler, de nous réconforter, de nous réjouir, de nous pacifier. Il y a de ces musiques qui nous dilatent le cœur et nous donnent la sensation d’être transportés au septième ciel, d’être soulevés vers les sommets de la contemplation ou plongés dans les profondeurs de l’âme.

La musique occupe une si grande place dans notre environnement quotidien et la vie culturelle de nos sociétés qu’on lui consacre non pas une mais deux journées. Il y a la Journée internationale de la musique le 1er octobre et la Journée universelle de la musique sacrée le 22 novembre, jour de la fête liturgique de sainte Cécile, patronne des musiciens.

Cette seconde journée indique que la musique joue un rôle important dans les célébrations liturgiques de la tradition chrétienne, car elle est au service de l’expression de notre foi. Elle joue son rôle en particulier par le chant qui s’inspire le plus souvent des textes bibliques. On disait autrefois que chanter, c’était prier deux fois. C’est vrai en ce sens que le chant aide à mieux accueillir la Parole au plus profond de notre esprit et de notre cœur. Le chant permet aussi à l’assemblée de devenir un seul cœur et un seul corps en étant une seule voix.

Un jour, lors d’une visite à l’église Saint-Léon, j’ai été attiré par la décoration de la balustrade du jubé de l’orgue. J’ai remarqué que les artistes, notamment Guido Nincheri et Alviero Marchi, ont représenté quelques figures qui ont marqué l’évolution de la musique sacrée. On peut voir Guido d’Arezzo, un bénédictin du 9e siècle ; on lui reconnaît l’invention de la notation musicale sur une portée aux lignes régulièrement espacées. Puis vient David, le roi musicien, à qui la tradition attribue les psaumes. Il y a saint Ambroise, évêque de Milan (374-397), qui a introduit le chant populaire dans la liturgie, et le pape saint Grégoire le Grand (590-604) qui a créé à Rome une école de chantres d’où s’est répandu le chant dit grégorien. Il y a aussi sainte Cécile qui a vécu à Rome au 3e siècle.

On sait peu de chose de cette dame si ce n’est qu’elle appartenait à la grande famille des Cecilii, qui a donné à l’Église un terrain qui est devenu cimetière : les catacombes de Saint Callixte. Cécile y fut inhumée. La tradition populaire en a fait une martyre qui chantait dans son cœur les louanges de Dieu. Ses reliques se trouvent depuis le 9e siècle dans une église proche du Tibre : Sainte-Cécile-au-Transtévère.

Enfin une dernière statuette représente Palestrina (1526 - 1594), un maître de chapelle qui a œuvré dans les basiliques majeures de Rome. Ce compositeur prolifique a donné un style propre à la musique sacrée polyphonique a cappella, exécutée sans accompagnement instrumental. Des panneaux en relief, placés entre ces personnages, illustrent des musiciens à l’œuvre dans leur fonction liturgique. Ces témoins de l’histoire invitent nos musiciens et compositeurs à continuer d’enrichir le répertoire de la musique sacrée.

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18 novembre 2007