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Dans quelques jours ce sera novembre

Le dimanche 28 octobre 2007

Dans la tradition catholique, c’est un mois qui est consacré à la prière pour les morts. Pour les plus vieux d’entre nous, novembre était connu de tous comme le mois des morts. Aujourd’hui, cette couleur religieuse donnée à un mois de l’année est peu connue de bien des gens.

Parler de la mort ou réfléchir à la réalité inéluctable de la mort, surtout de sa propre mort, est un exercice qui rebute plusieurs. La pensée de la mort les rend inconfortables. Ils préfèrent ne pas s’y arrêter.

Pourtant, la mort n’a jamais été aussi présente à notre conscience. Chaque jour, les bulletins d’informations nous rapportent le décès de plusieurs personnes, mortes dans des accidents de la route ou dans des conflits à travers le monde. Avant les grands congés, on nous informe du nombre prévu de morts pour ce long weekend et on nous invite à la prudence. Et pourtant, on déplore chaque fois un trop grand nombre de décès. La mort n’est pas une réalité virtuelle.

Notre monde a de la difficulté à composer avec la mort. Est-ce dû au fait que la jeunesse est devenue la plage de vie qui prend de plus en plus de place dans notre monde? On ne veut pas vieillir ou du moins ne pas paraître vieillissant. On appelle la chirurgie à son aide. Pourtant, le vieillissement est un signe avertisseur de ce qui nous attend tous : la mort. Malgré les progrès de la science médicale, nous sommes des êtres mortels et nous le demeurerons.

Quand la mort nous laisse sans réponse ou qu’elle est vue comme ce qui met un point final à tout, on comprend qu’elle soit absente de nos centres d’intérêt et qu’elle n’ait peu ou pas de place dans nos préoccupations.

Pour celui qui croit à la vie après la mort, la mort a un tout autre visage. Nous catholiques, nous croyons avec nos frères chrétiens en la résurrection des morts à la suite de celle de Jésus. La mort est vue comme un passage vers une terre nouvelle où « Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux. La mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien a disparu. » (Apocalypse, chap.21, verset 4).

Cette foi en une vie éternelle d’intimité avec Dieu et cette assurance de la posséder un jour, nous la célébrons dans l’Église à la fête de la Toussaint, le premier novembre. C’est la fête de tous ceux et celles qui ont cru en Jésus et ont suivi son Évangile au fil de leur existence. Pour nous, ces hommes et ces femmes nous montrent le chemin où la mort est ouverte sur la vie et la vie en abondance.

Le 2 novembre, l’Église se souvient des défunts et prie pour eux. C'est le jour de la Commémoraison de tous les fidèles défunts. Cette célébration invite à nous souvenir de tous les nôtres, parents, amis et connaissances, qui nous ont quittés.

Quand le cimetière était près de l’église paroissiale, il était pour ainsi dire le prolongement de celle-ci. Cela en faisait un lieu sacré comme l’église elle-même et un rappel de notre destinée. Les morts restaient présents aux vivants et les vivants aux morts. La visite au cimetière exprimait cette proximité les uns des autres. Il devenait plus facile d’aller nous recueillir sur leur tombe et de les fleurir, à des moments significatifs pour nous et pour eux.

Le mois de novembre est un temps où nous pouvons renouer avec nos défunts en les visitant et ainsi vénérer leur mémoire. Il nous fournit l’occasion de regarder la route que nos défunts ont suivie et de nous demander où mène celle que nous avons empruntée.


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28 octobre 2007