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La Saint-Jean.

Le dimanche 24 juin 2007

Quand la Saint-Jean revient, nous nous en réjouissons. C'est congé! Nous en profitons pour quitter la ville, ou pour célébrer dans les rues et les parcs, ou pour fêter plus paisiblement en famille ou entre amis.

La fête a de lointaines origines et elle a beaucoup évolué.

Elle fut d'abord une célébration païenne qui, selon la tradition locale, pouvait être placée au printemps ou le jour du solstice d'été (21 juin). Elle célébrait la naissance de la lumière.

Quand le christianisme s'implanta en Europe, il veilla à ce que cette fête soit christianisée. Elle fut alors fixée au 24 juin, jour de la célébration de la naissance de Jean, le Baptiste, qui a ouvert la voie au Christ, «lumière du monde» et l'a désigné comme sauveur. La fête devint alors fête de la Saint-Jean.

Lorsque les Français s'implantèrent sur les rives du Saint-Laurent, ils apportèrent avec eux la tradition de la Saint-Jean. Les Relations des Jésuites – ces documents annuels importants et volumineux que les missionnaires faisaient parvenir à la maison-mère jésuite de Paris pour rendre compte de leurs activités – mentionnent qu'un feu de la Saint-Jean avait été allumé à Québec en 1636 et, qu'à cette occasion, le gouverneur Montmagny fit tirer cinq coups de canon.

En 1834, la Saint-Jean prit un caractère patriotique. Cette année-là, à l'occasion du 24 juin, Ludger Duvernay organisa un banquet qui réunissait une soixantaine de Montréalais d'origine française et anglaise. L'objectif était de discuter de l'avenir du peuple canadien. On commençait à penser qu'il serait mieux pour lui de s'affranchir de la Grande-Bretagne.

Dans les décennies qui suivirent, l'accent nationaliste de la Saint-Jean ne cessa de s'accroître et, s'ajouta au feu de joie traditionnel, le «défilé de la Saint-Jean» avec son héros, le jeune saint Jean-Baptiste, représenté par un garçon aux cheveux blonds et bouclés.

En 1908, à la demande de Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec, qui donnait suite à une requête du président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, le pape Pie X proclama saint Jean-Baptiste «patron spécial auprès de Dieu des fidèles franco-canadiens, tant de ceux qui sont au Canada que de ceux qui vivent sur une terre étrangère».

Le 24 juin devint congé férié en 1925, par une déclaration de la législature du Québec.

Deux changements importants marquèrent la Saint-Jean lorsque, le 11 mai 1977, par un arrêté ministériel du gouvernement de René Lévesque, le 24 juin devint officiellement le jour de la Fête nationale du Québec. À partir de ce moment, le caractère religieux de la fête s'estompa et le 24 juin ne fut plus officiellement reconnu au Québec, comme jour de fête de tous les Canadiens français. Il devint la fête des Québécois de toutes les origines.

Depuis plusieurs années déjà, je préside la messe de la Saint-Jean qui a lieu à l'église Saint-Jean-Baptiste, sur le plateau Mont-Royal. Et j'y tiens!

Je suis heureux, ce jour-là, de voir réunis dans une même église et animés d'un même de souffle de prière, des chrétiennes et des chrétiens originaires de diverses cultures. Cette assemblée représente à mes yeux le monde à venir que la Bible annonce, monde où femmes et hommes venus de partout ne feront plus «qu'un dans le Christ Jésus» (épître aux Galates, chapitre 3, verset 28). Je profite toujours de la fête pour souligner comment Jean le Baptiste, précurseur du Christ, peut être un modèle pour tous ceux et celles qui désirent construire, ici, une terre de fraternité, de justice et de paix. Bonne Saint-Jean!

Cette chronique est la dernière avant les vacances. Nous nous retrouverons à la rentrée. Je vous souhaite un très bel été.

 

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24 juin 2007