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Une nouvelle idole ?

Le dimanche 18 mars 2007

Je vais dire quelques mots, aujourd'hui, sur une réalité contemporaine dont je me demande si elle n'est pas devenue une nouvelle idole. Je veux parler de cette tendance, de ce désir, de cette fringale de tout vouloir. Et de le vouloir sur le champ.On sait de moins en moins compter avec le temps. On ne sait plus prendre son temps. On ne veut plus attendre. On veut tout, tout de suite. Et ça presse! La patience, convenons-en, n'est plus une vertu à la mode.

Il n'y a pas si longtemps, quand de jeunes amoureux se mariaient et prenaient maison, ils ne s'attendaient pas à tout posséder dès le premier jour: laveuse et sécheuse, meubles neufs et voiture… Ils savaient qu'il leur faudrait quelques années avant de réaliser certains de leurs rêves. Ne pas tout posséder dès le point de départ leur donnait du cœur à l'ouvrage et contribuait souvent à unir leurs cœurs!

Ce temps est passé. Et voyez ces enfants qui vocifèrent, tapent du pied, boudent, claquent la porte, vont s'enfermer dans leur chambre parce qu'on tarde à leur mettre entre les mains ce qu'ils désirent.

Nous les adultes, sommes-nous tellement plus sages? Sommes-nous si différents ? Le dernier gadget, le bidule tout récent, qui bien sûr est une merveille, ne nous fascinent-t-ils pas? Ne nous les faut-il pas? Et tout de suite!  «Achetez maintenant. Payez plus tard!» «Partez demain  aux îles Canaries. Payez dans un an!»

On me dira que le «tout, tout de suite» a parfois quelques avantages, ce dont je conviens. Mais j'y vois souvent de graves inconvénients.

Apprendre à  vivre - et bien vivre -, c'est apprendre à compter avec le temps. C'est savoir se donner du temps. C'est souvent prendre son temps. Heureux qui sait attendre! Heureux qui maîtrise son impatience! Heureux qui sait garder dans son cellier la bonne bouteille que le temps rendra meilleure! Heureux qui sait se hâter lentement.

J’ai retenu quelques sentences sur l'impatience.

  • «C'est l'impatience qui tue l'enfance» (Marc Levy).
  • «Une petite impatience ruine un grand projet» (Confucius).
  • «C'est toujours l'impatience de gagner qui fait perdre» (Louis XIV).
  • «L'impatience – en n'importe quoi – est toujours signe de faiblesse» (Swâmi Râmdâs).

J'ai ouvert ma Bible pour me rappeler ce qu'elle dit de la patience. Elle m'a rappelé la belle phrase de saint Paul: «L'amour prend patience».

Des images ont alors surgi dans ma tête.

Patience des parents face à leurs jeunes qui prennent beaucoup de temps à devenir hommes et femmes.

Patience en présence de celui ou celle qui a erré, s'est brisé, et doit réapprendre à vivre. Que c'est long! Que c'est long, renaître à la lumière!

Patience qui s'impose aux jeunes qui en sont à leurs premières amours. Quoi de plus destructeur que le tout-tout-de-suite, en amour?

Patience des malades, que j'admire.

Patience de tous ces souffrants qui ont le cœur brisé. Seul le temps fermera leurs plaies, leur redonnera confiance en la vie, leur réapprendra à revivre.

Et voici un petit passage de la Bible que j'ai réservé pour la fin. Il est de l'apôtre Pierre qui a écrit: «Dites-vous bien que la longue patience du Seigneur, c'est votre salut!» (D’après 2 P 3, 15)

Je le bénis ce Seigneur, ce Dieu de très très longue patience.


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18 mars 2007