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La vie n'est pas toujours une partie de plaisir

Le dimanche 11 mars 2007

Pour nous catholiques, le Carême est la route que nous empruntons pour nous préparer à célébrer Pâques, la grande fête de notre foi. Nous sommes en marche depuis trois semaines, et nous rencontrons sur cette route une autre idole qui a nom l’hédonisme.

Le Petit Robert définit ainsi l’hédonisme : doctrine qui prend pour principe de la morale la recherche du plaisir, de la satisfaction et l’évitement de la souffrance. Quand on regarde notre monde, on découvre que cette recherche du plaisir est à l’origine des façons de faire de bien gens de notre temps. Elle alimente les messages de la publicité, se retrouve exprimée dans divers médias et inspire les pages de nombreux magazines. Elle est présentée comme une panacée à la grisaille de notre époque violente et éclatée.

En soi le plaisir n’est pas à rejeter. Notre existence est faite de mille et un plaisirs que la vie apporte. Que serait la vie sans plaisir? Le plaisir est une sensation ou une émotion agréable liée à la satisfaction d’un besoin, d’un désir, d’une activité. En un mot, le plaisir fait partie de la fibre de la vie.

Un beau jour d’hiver, une première fleur, un chant d’oiseau, un repas entre amis, un téléphone d’une personne chère, c’est déjà le plaisir. Comment ne pas l’accueillir et ne pas le goûter? Quand il est absent, nous l’espérons comme le beau temps après la pluie.

Certes il y eut des époques où le plaisir a été discrédité. Des courants de pensée ont rejeté le plaisir comme mauvais et ont marqué les mentalités, les attitudes et les comportements. Dans l’Église et hors de l’Église. Comme dans d’autres cas extrêmes, après un temps, ce fut le retour du balancier. La vie s’est chargée de redonner sa place au plaisir.

Si le plaisir est partie intégrante de la vie, il ne peut toutefois être le tout de la vie. La vie n’est pas toujours rose, dît la sagesse populaire. Elles a ses jours sombres, froids et ennuyeux qui alternent avec ses jours  ensoleillés, pleins de douceur et de bonheur. Quand le plaisir devient le but premier de la vie, cela pose problème et apparaît alors l’hédonisme.

L'alcool, la drogue, le sexe, le jeu et tous les autres paradis artificiels viennent tôt ou tard obscurcir et fausser la réalité. Le plaisir se fait alors idole. Il promet de rendre la vie pleine et heureuse et de satisfaire totalement notre appétit de bonheur. Comme toute idole, la recherche du plaisir a une grande force d’attraction. Personne n’est à l’abri de son pouvoir.

C'est pourquoi le Carême appelle les chrétiens à l’ascèse pour les aider à reconnaître et à mieux déterminer quel but ils donnent à leur vie. L’athlète qui veut atteindre les standards les plus élevés se soumet à une discipline d’entrainement et de vie car la réussite est au bout des efforts auxquels il accepte de s’astreindre.

Celui ou celle qui veut progresser dans la vie spirituelle doit en faire autant. Il ne peut faire fi de l’ascèse. Il doit ou elle doit aussi s’imposer une discipline pour tendre vers une plus grande perfection morale et une plus grande liberté d’esprit. Dans toutes les religions, l’ascèse a une place et le jeûne est l’une des formes les plus communes et les plus connues.

Le jeûne que Jésus a entrepris avant de commencer sa vie publique nous éclaire sur la façon de parcourir le chemin de notre vie. Ces quarante jours de jeûne symbolisent le temps de préparation à de nouveaux commencements. Jésus met Dieu au cœur de son jeûne parce qu’il met Dieu au cœur de sa vie. C’est ce à quoi les chrétiens sont appelés à faire et l’ascèse peut les y aider. Bon Carême, bonne route !

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11 mars 2007