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Le règne du «prêt-à-jeter». Le dimanche 25 février 2007 Cette année encore, le temps du Carême est de retour. Voici devant nous quarante journées pendant lesquelles nous sommes invités à faire le point sur notre situation actuelle de vie. Quarante jours pour entrer à l’intérieur de nous-mêmes et nous questionner sur notre rapport avec le Christ. Quarante jours pour remettre les choses à leur place et faire les ajustements nécessaires dans notre vie. L’occasion est belle de nous questionner sur notre mode de vie et sur nos habitudes. Sommes-nous maîtres de notre propre vie? Ne sommes-nous pas soumis, consciemment ou non, à toutes sortes de conditionnements? Observons ce qui me semble être un des esclavages des temps modernes : la consommation. J’ai été touché par un reportage télévisé présentant un immense dépotoir rempli de carcasses d’ordinateurs. Ces appareils, devenus inutiles parce que dépassés, contiennent toutes sortes de matériaux et d’éléments chimiques qui occasionnent un tort considérable à l’environnement. Nous ne parlons pas ici de quelques centaines de boîtiers, mais bien de millions d’ordinateurs qui sont amoncelés et qui nuisent considérablement à l’environnement et à la santé des populations qui habitent tout près de ces dépotoirs. Cette situation n’est qu’un cas parmi tant d’autres qui nous font constater combien notre système de consommation est devenu malade. Nous savons tous que l’équilibre naturel de notre planète est fragile. Pourtant, nous continuons de produire et de consommer à outrance. Nous assistons à un déplorable gaspillage de ressources non renouvelables, en même temps qu’à un gâchis environnemental magistral. Nous fonctionnons dans un système social complexe dont la gestion elle-même devient encore plus complexe. Tout est lié : économie florissante, création d’emploi, activité industrielle, services publics, aide sociale, consommation, croissance constante. Il devient très difficile d’intervenir pour freiner la spirale d’une constante ascension du niveau de consommation. Pourtant, force nous est de constater que nous vivons ici un authentique esclavage. Le système social et économique conditionne nos valeurs et il ne nous est pratiquement plus possible d’échapper aux dogmes de cette organisation complexe. La consommation est érigée en véritable idole que nul ne peut combattre, sous peine d’être rejeté hors du système. Observons les cahiers de divertissements que nous trouvons dans les journaux. Qu’est-ce qui s’y trouve le plus souvent valorisé? L’acquisition de nouveaux éléments : meubles, décors, vêtements, appareils électroniques... Nul doute que tout ceci finit par trouver son utilité et sa pertinence dans notre vie, ne serait-ce que pour quelques petites heures... C’est bien là le signe que nous nous trouvons devant un système bien organisé : on parvient à se convaincre soi-même que nous avons un nouveau besoin qui vient de surgir dans notre vie. Toute amélioration rendue possible par l’acquisition d’un nouveau modèle, aussi minime soit-elle, justifie le remplacement de l’appareil précédent. Le passage très rapide d’une mode à l’autre oblige quiconque ne veut pas paraître dépassé à changer fréquemment sa garde-robe, peu importe l’usure des vêtements. La seule consolation que nous puissions avoir est celle de donner nos vêtements encore très propres aux laissés-pour-compte de ce système! Que faire? Avouons d’abord notre dépendance. Lorsque nous ne sommes jamais satisfaits, lorsqu’il faut encore et toujours plus, c’est là le signe que nous sommes devenus dépendants. Cette prise de conscience faite, nous pouvons trouver une façon positive d’utiliser notre imagination, notre énergie et nos ressources. Expérimenter quelques pratiques dites « de simplicité volontaire » peut nous faire voir qu’il est possible qu’il en soit autrement. Nous sommes entrés dans le Carême, cette période dite « de conversion. » Nous cherchons ensemble à renouveler nos liens avec Jésus-Christ. C’est le temps de nous défaire de nos faux dieux. La consommation elle-même ne serait-elle pas de ceux-là? À chacun d’y voir!
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