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L'accueil des migrants et des réfugiés Le dimanche 14 janvier 2007 Il y a plusieurs dizaines d'années, l'Église catholique a consacré le 15 janvier : « Journée mondiale des migrants et des réfugiés ». Voilà l'occasion de réfléchir et de se questionner sur la situation concrète des personnes qui quittent leur pays d'origine à la recherche d'une terre d'accueil. « Être un migrant ou un hôte de passage, c'est la réalité que vivent 2,9% de l'ensemble de la population mondiale aujourd'hui. », révèlent les évêques du Canada dans une lettre pastorale publiée le 15 janvier 2006. Au Canada, près de 20% de la population canadienne est dans cette situation. Qu'est-ce qui peut expliquer un tel phénomène? Un rapport des Nations Unies affirme que les criantes inégalités dans le partage des ressources planétaires sont une fois de plus en cause et la mondialisation économique ne fait qu'accentuer ces déséquilibres. Les conflits armés, les désastres écologiques et les persécutions sont aussi au nombre des causes. Depuis quelques années, devant l'augmentation de ces migrations et avec la crainte accrue du terrorisme, les pays du Nord de la planète ont mis en place des mécanismes pour protéger leurs frontières. Pour des milliers de personnes, la migration est forcée ou nécessaire pour des raisons de sécurité et de survie. Nous constatons avec regret qu'il existe actuellement de sérieuses lacunes dans la procédure d'immigration au Canada, de telle sorte que l'accueil et les conditions de vie des personnes migrantes ou réfugiées sont souvent difficiles. La dignité humaine n'est pas un concept abstrait. « La détermination du statut de réfugié est une décision qui peut avoir des conséquences sur la vie ou la mort d'êtres humains », souligne les évêques du Canada. Pourtant, il n'existe pas au Canada de mécanisme permettant d'en appeler de cette décision. Il nous apparaît urgent que le gouvernement mette en place le mécanisme d'appel prévu par la loi sur l'immigration et la protection des réfugiés. Il est important aussi que les procédures permettant la réunification des familles (conjoints et enfants) soient suffisamment efficaces et rapides. On comprend sans peine l'effet destructeur sur les liens familiaux d'une séparation qui dure plusieurs années. Cette réunification des familles doit être une priorité. Un autre effet du resserrement des procédures d'immigration est cette tragique réalité du trafic de personnes humaines, en lien avec l'industrie du sexe. La situation de pauvreté extrême dans laquelle se trouvent souvent les nouveaux arrivants est également préoccupante. La réalité des travailleurs agricoles saisonniers l'est tout autant; venues de l'étranger, ces personnes travaillent souvent dans des conditions difficiles : heures de travail prolongées, peu d'accès aux soins de santé, etc. En tant que chrétiens, notre attitude sociale et politique doit être marquée par cette préoccupation pour la situation des personnes migrantes. Devant Dieu, nous sommes tous « des étrangers et des hôtes » (1er livre des Chroniques 29, 15). De
nombreux chrétiens s'impliquent activement et je les encourage à
poursuivre. Chaque personne qui se présente à nous doit être
accueillie comme si c'était le Christ lui-même : « j'étais
un étranger et vous m'avez accueilli » (Matthieu 25,35).
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