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Paix entre les religions et paix dans le monde

Le dimanche 7 janvier 2007

Les religions sont souvent accusées d'être à l'origine de la guerre, de la violence et de l'exclusion. Ce n'est pourtant pas leur raison d'être. Elles existent pour relier les être humains à Dieu et entre eux. Leur mission est de prêcher l'amour et le pardon, d'appeler à la justice et au partage. Quand elles ne vivent pas ce qu'elles prêchent et ce à quoi elles appellent, elles doivent s'attendre à être dénoncées et elles ont à se repentir.

Il est indéniable qu'au cours de l'histoire, les religions n'ont pas toujours été fidèles à l'idéal qu'elles portent au plus profond d'elles-mêmes. Elles se sont ignorées, se sont opposées, se sont comportées en ennemis. Elles ont péché par fanatisme, intransigeance et étroitesse d'esprit.

Quand il en a été ainsi, elles ont failli à leur tâche.
Il ne doit plus jamais en être ainsi. À l'heure où les appels à la paix, à la fraternité, à la justice et à l'harmonie entre les nations se font de plus en plus pressants, les religions ont un rôle de premier plan à jouer. Elles ont à être un ferment d'unité et non de division. Pour demeurer crédibles, elles ont à être les premières à vivre ce qu'elles enseignent au nom de Dieu. Si elles ne le font, elles seront rejetées.

Il est long, escarpé et semé d'embûches, le chemin que les religions ont à parcourir pour instaurer entre elles une paix réelle, sereine, joyeuse et respectueuse de ce qui les distingue. Une paix qui rendra désirable et crédible la paix à construire entre toutes les nations, toutes les races et toutes les cultures. Une paix qui n'apparaîtra pas comme un rêve naïf et inaccessible, mais comme un projet à réaliser patiemment et courageusement dans le dialogue, le respect réciproque, l'ouverture du cœur et de l'esprit, la compréhension mutuelle, la tolérance, le pardon, la réconciliation et la recherche honnête de la justice et de la vérité.

À cet égard, nous avons vécu des moments importants en novembre dernier. Je pense à la visite qu'a faite Benoît XVI en Turquie. Après son discours prononcé à Ratisbonne qui avait semé tant d'émoi et de réactions négatives, cette visite apparaissait risquée et même périlleuse.
Elle fut cependant un moment de rencontre fraternelle et d'ouverture mutuelle, dont l'histoire retiendra certainement quelques images frappantes.

J'ai en tête celle où l'on voit Benoît XVI et le Patriarche Bartholomée qui, élevant chacun un bras au-dessus de leur tête, se tiennent par la main. Ce n'était pas encore le sceau apporté à la réconciliation entre orthodoxes et catholiques, ce n'était pas encore l'Eucharistie célébrée d'un même cœur, au même autel, avec les mêmes prières, mais c'était le signe concret d'une avancée vers un objectif commun difficile à atteindre et vivement désiré de part et d'autre: celui de l'unité dans la paix et dans la charité du Christ.

Je revois aussi le pape à la Mosquée bleue. Il pose un geste inattendu, alors qu'il est en compagnie du mufti d'Istanbul et regarde vers La Mecque. "Me tenant quelques minutes recueilli dans ce lieu de prière, a-t-il expliqué, je me suis tourné vers le Dieu unique, père miséricordieux de l'humanité entière."

De tels gestes concourent assurément à l'avènement de la paix dans le monde.



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7 janvier 2007