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La joie de faire plaisir

Le dimanche 17 décembre 2006

Dans une semaine, nous fêterons Noël. Le " temps des fêtes " est en cours depuis quelques semaines déjà. Pour la plupart de nos familles, Noël est l'occasion de rencontres, de retrouvailles, d'échange de cadeaux et de réceptions de toutes sortes. La naissance de l'enfant Jésus ne passe pas inaperçue!

Pour les chrétiens, qu'ils soient catholiques, protestants ou d'autres dénominations, la fête de Noël conserve un caractère proprement religieux. Pour ceux qui sont d'une autre croyance, ce temps où le jour commence à reprendre le dessus sur la nuit (le solstice d'hiver) reste propice aux réjouissances. Qu'il trouve ou non un écho dans la foi des personnes, ce temps en est un de fête.

Prenons conscience de ce qui va se vivre dans le cœur des personnes au cours de ces festivités. Joie de célébrer ensemble, plaisir de se retrouver en famille ou entre amis et d'échanger des cadeaux… autant d'occasions de manifester notre désir profond de tisser et d'entretenir des liens avec les autres. À l'opposé, pour trop de personnes le temps des réjouissances constituera un cruel rappel de leur solitude. Nous voyons bien que l'être humain n'est pas fait pour vivre isolé!

À travers les fêtes, nous expérimentons la joie de donner. Que ce soit pour donner un cadeau, recevoir pour un repas ou simplement pour donner du temps, la joie du don est inscrite au cœur des hommes et des femmes. Malheureusement, des blessures intérieures ou des traces d'événements pénibles peuvent enfouir le désir de partager. Le temps des fêtes peut être le temps de ranimer cet élan intérieur du don, de l'ouverture aux autres et de la générosité.

Nous vivrons parfois également la joie de recevoir. Accueillir un présent, être reçu pour partager la table ou encore être écouté d'un ami sont autant de façons d'accueillir l'amour et l'affection des autres envers nous. Pour plusieurs, cette joie de recevoir demande à être apprivoisée : il est parfois plus facile de donner que de recevoir! Est-ce par crainte d'être " en dette " envers l'autre, ou par sentiment de ne pas mériter cette attention? Noël peut être l'occasion de se laisser aimer. Les chrétiens reconnaissent dans l'amour partagé un authentique don de Dieu. C'est Dieu qui nous manifeste son amour à travers ces petites et grandes attentions dont nous sommes l'objet.

Le Christ Jésus, celui dont nous célébrons la naissance, a voulu faire du repas eucharistique le rappel du don de sa vie pour nous, le plus grand geste d'amour jamais posé. Chaque fois que nous nous tournons vers les autres, ne sommes-nous pas en train de prolonger ce que nous célébrons à la messe? Cela pourrait-il enrichir le sens de notre participation à la messe de Noël?

Enfin, Noël nous appelle à aller vers les plus démunis, les personnes appauvries, les laissés-pour-compte. Je suis souvent témoin de très beaux gestes de charité. Il est important de multiplier les efforts afin de rétrécir le fossé qui sépare les plus riches des plus appauvris. Cela doit se concrétiser aux différents niveaux : aide directe et immédiate (nous pensons aux guignolées et autres collectes), organisation communautaire (où est visée une prise en charge collective de la situation) et intervention politique (afin de favoriser une meilleure organisation sociale). Faire cela, d'une façon ou d'une autre, c'est se situer clairement dans la mission du Sauveur dont nous célèbrerons la naissance dans les prochains jours.

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17 décembre 2006