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La joie du partage

Le dimanche 10 décembre 2006

Nous baignons de plus en plus dans l'atmosphère du temps des fêtes. La publicité se charge de nous rappeler que nous sommes à quelques jours de Noël. Et pour rendre ce temps heureux, les commerces en tous genres ne ménagent pas les suggestions ni les invitations à dépenser.

Souvent nous nous laissons prendre au jeu de la consommation. Comme si les choses que nous achetons, pour nous ou pour les autres, pouvaient combler notre besoin de relations plus chaleureuses et plus vraies, notre besoin d'amour, de fraternité, de bonheur. Combien de fois un cadeau donné n'a pas reçu la réception joyeuse que nous espérions? Combien de fois un cadeau reçu s'est retrouvé au fond d'un placard ou d'un tiroir?

Le temps des fêtes, chez nous, tire son origine de la naissance d'un enfant, né il y a 2000 ans à Bethléem, Jésus, fils de Marie. Les chrétiens reconnaissent en lui le Fils de Dieu. Il vient habiter parmi nous pour tracer le chemin de la vie éternelle. Le nom Emmanuel donné à Jésus signifie Dieu est avec nous. Sa naissance est source de joie pour tous ceux et celles qui l'accueillent et communient à l'esprit de cette naissance unique. Une joie avant tout spirituelle. Une joie qui remplit le cœur, le réchauffe et l'ouvre à Dieu et aux autres. Une joie qui s'ouvre au partage.

En ce temps de l'année, les appels au partage sont nombreux. Les guignolées, les sollicitations de divers organismes de bienfaisance nous rappellent que bien des personnes sont dans le besoin. Le temps des fêtes ne sera pas un temps de réjouissances pour plusieurs. Ce que nous pourrons leur offrir de notre superflu ne changera pas leur pénible situation. Mais notre don avec celui des autres leur permettra de vivre de façon plus festive ces jours de célébration et leur donnera un peu de couleur et de chaleur.

Certains trouvent que notre générosité du temps des fêtes, qui permet de donner des paniers de Noël aux gens dans le besoin, est un moyen facile de nous déculpabiliser. Ce baume des fêtes sur la misère de notre monde nous évite de trouver des solutions durables qui relèvent de la justice et non de la charité. Pourtant charité et justice ne s'opposent pas. Au contraire, elles s'appellent et se complètent. Il est vrai que ce partage du temps de Noël demande une action plus suivie et plus radicale pour extirper les causes de la misère chez nous. Mais malgré tous les efforts concertés et les politiques sociales, est-ce que les besoins de tous seront comblés? On peut en douter. Il restera toujours des laissés-pour-compte. Il y aura toujours une place pour ce mouvement du cœur que l'on appelle charité, fraternité, générosité, altruisme ou bienfaisance. Il y aura toujours des gens qui chercheront à bâtir un monde meilleur pour les exclus du système par le don de leur personne, de leur temps, de leurs talents, de leur expérience et de leur argent.

Il y a plus de joie à donner qu'à recevoir, dit la sagesse populaire. L'expérience le démontre. Il y a une joie dans le partage et le don de soi, une source de satisfaction et d'accomplissement à nul autre pareil. Une émission comme Donnez au suivant nous le révèle.

Noël invite à la joie. Que le partage vous en fasse découvrir une autre dimension.

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10 décembre 2006