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Jeanne Mance, plus que le nom d'un parc Le dimanche 12 novembre 2006 Qui, à Montréal, ne connaît pas le parc Jeanne Mance. Au pied du Mont Royal, c'est le lieu de bien des rassemblements à la belle saison. Mais combien savent qui était celle qui a laissé son nom à ce grand parc? L'histoire de Montréal ne peut s'écrire sans Jeanne Mance. Avec Paul Chomedey de Maisonneuve, elle en est considérée comme la cofondatrice. Elle naît à Langres, en France, le 12 novembre 1606. La guerre de Trente ans déchire alors le pays. Jeanne Mance a l'occasion de se dévouer aux soins des blessés. Elle est aussi attirée par l'action missionnaire en Nouvelle-France. Sa vocation d'infirmière et de missionnaire se précise. En 1641, elle embarque sur l'un des deux navires en partance pour Québec. M. de Maisonneuve est du voyage. Elle part établir, à l'endroit qui deviendra Montréal, un hôpital semblable à l'Hôtel-Dieu de Québec. Elle a 34 ans. Fonder un poste à Montréal est qualifié d'une folle entreprise par les autorités de la colonie à Québec qui s'y opposent. Mais rien n'arrête Jeanne Mance et M. de Maisonneuve dans leur projet. Le 17 mai 1642, Montréal est fondée. Elle porte alors le nom de Ville Marie. La construction de l'Hôtel-Dieu s'effectue en 1645. Aidée d'une servante, Jeanne Mance soigne les blessés et les malades avec la médecine du temps. En 1654, on construira en édifice plus vaste. Durant 31 ans, Jeanne Mance administrera l'Hôtel-Dieu et en gèrera le personnel, l'approvisionnement et les finances. Les difficultés auxquelles Ville-Marie doit faire face sont nombreuses. Les ressources financières manquent. Grâce à sa ténacité et son habileté, Jeanne Mance obtient de ses bienfaiteurs de France l'aide nécessaire pour assurer la survie et le développement de la colonie. En 1651, la lutte contre les Iroquois devient de plus en plus sanglante. Montréal est en péril. Jeanne Mance doit fermer l'hôpital et se réfugier au fort. M. de Maisonneuve est découragé en voyant mourir les colons qu'il avait mission de protéger. La colonie est en péril. C'est alors que Jeanne Mance intervient. Elle offre à M. de Maisonneuve l'argent qui lui avait été donné pour son hôpital. Il part en France pour recruter et ramener des soldats et des colons à Ville-Marie. S'il échoue, c'en est fait de la colonie. Maisonneuve revient avec du secours. L'intervention de Jeanne Mance a sauvé Ville-Marie. Quelques années plus tard, Jeanne Mance se fracture le bras et se disloque le poignet. Bien que guéri, elle est dans l'impossibilité de se servir de son bras. Elle ira en France pour recruter trois hospitalières de Saint-Joseph pour assurer la survie de son hôpital. À partir de 1663, de grands changements allaient s'opérer dans la colonie. En 1665, M. de Maisonneuve est prié de retourner en France. Jeanne Mance connaît, elle aussi, de la part des autorités l'incompréhension de ses gestes sauveurs de jadis. Courageuse, elle poursuit sa tâche jusqu'à la fin. Elle meurt le 18 juin 1673. Sous son action et son influence, la colonie était passée de 45 à 1500 habitants.
Première infirmière laïque en Amérique du Nord, femme
d'initiative et de commandement, elle eut aussi une vie spirituelle très
intense marquée par la prière et la mortification. Aujourd'hui,
en ce quatrième centenaire de sa naissance, on la célèbre
avec raison à Montréal et à Langres. |
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