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On ne meurt plus comme avant

Le dimanche 29 octobre 2006

Dans la tradition catholique, on dit du mois de novembre qu'il est le mois des morts, comme on dit de celui de mai qu'il est le mois de Marie et de celui d'octobre le mois du rosaire.
Mois des morts, alors que nous sommes au début de l'automne et que les feuilles commencent à tomber des arbres, nous donnant à penser que bientôt arrivera l'hiver.
Mois des morts durant lequel, le 11 novembre, jour de l'Armistice, nous nous souvenons de ceux qui sont tombés durant la guerre de 1914-1918.
Mois des morts, surtout en raison de la fête liturgique du 2 novembre durant laquelle l'Église prie pour les défunts. Cette fête se situe le lendemain de celle de la Toussaint, qui nous rappelle que le but de notre existence sur terre est de vivre un jour auprès de Dieu dans les cieux, et que la mort est l'inévitable chemin qui y conduit.
Voyant approcher la fête du 2 novembre de cette année, je me suis mis à penser à la manière dont les gens meurent généralement aujourd'hui, et à la comparer à celle d'autrefois. Vraiment, me suis-je dit, on ne meurt plus comme avant!
On mourait autrefois plus jeune; aujourd'hui plus vieux. Je me souviens du temps où la plupart des gens se préparaient à la mort à la maison, auprès de ceux qu'ils aimaient. Il fallait ne pas faire de bruit. L'approche de la mort était intégrée au rythme du quotidien.
Tout ce qui était possible pour alléger les souffrances des malades était fait, mais on n'y parvenait pas aussi bien qu'aujourd'hui. Pas encore de soins palliatifs à cette époque. La pratique de réanimation de même que le maintien en vie grâce à des appareils sophistiqués n'avaient pas le raffinement qu'ils ont aujourd'hui.
Autre différence: on ne faisait appel au prêtre qu'aux derniers instants pour que soit administrée ce qu'on appelait l'extrême-onction.
La différence la plus grande entre hier et aujourd'hui me semble cependant être la suivante: on espérait être préservé d'une mort subite et on priait pour qu'il en soit ainsi, alors qu'aujourd'hui, on voit très souvent des gens souhaiter que tout se passe très très vite. Ils ne veulent ni voir venir leur mort ni prendre le temps de la vivre.
Vaut-il mieux fermer les yeux sur la mort qui approche ou la regarder en face? Est-il préférable d'apprivoiser sa mort ou de la fuir? Est-il mieux d'ignorer que l'on va mourir ou de s'y préparer? Ces questions m'habitent, quand arrive le mois de novembre.
Je les considère à la lumière de l'enseignement de Jésus auquel je crois. Quelques-unes de ses paroles me reviennent spontanément à l'esprit: "Ne soyez pas bouleversés. Je pars vous préparer une place dans la maison de mon Père." Je pense à la parole adressée au bon larron: "Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le paradis." Je réfléchis à la manière dont Jésus a lui-même affronté la mort. "Père, a-t-il dit, entre tes mains je remets mon esprit." Je demande alors la grâce de mourir de manière semblable: en ayant le cœur en paix et en remettant ma vie entre les mains de Dieu en qui je crois.



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29 octobre 2006