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Si nous croyons à la famille

Le dimanche 8 octobre 2006

La famille est le premier lieu de vie de la personne. C'est là que les premières expériences de relations se font, les premiers apprentissages. C'est là que l'enfant se structure et prend modèle pour devenir lui-même. Pour que cet environnement existe, il faut des conditions qui permettent à la famille de remplir son rôle unique.

Ce qui vient immédiatement à l'esprit, c'est la nécessité d'avoir un toit pour en faire un foyer, un milieu de vie stable et chaleureux. Quand vient le temps des déménagements, je suis toujours étonné et triste de constater que des familles sont dans l'impossibilité de trouver un logement. Moyens financiers insuffisants ou trop grand nombre d'enfants. Pourtant avoir un toit est de première nécessité pour tout le monde, encore plus pour une famille. Une société, riche comme la nôtre, se doit d'assurer à tous la possibilité de se loger convenablement. Cela appelle la création de logements sociaux en nombre suffisant.

D'autres situations malheureuses existent. Des familles vivent dans des logements insalubres. Aucun recours contre le ou les propriétaires ne réussit à corriger la situation. Quand cela dure, il faut se demander comment une telle tolérance, une telle injustice sont possibles. C'est un problème qui dépasse les personnes. C'est un problème social. Seules les autorités compétentes peuvent prendre les mesures nécessaires pour le régler.

Une autre réalité marque la vie d'une famille aujourd'hui : le travail des parents à l'extérieur du foyer. Comment concilier la vie de famille et le travail? On constate qu'il est de plus en plus difficile de retrouver ensemble toute la famille pour partager le repas ou vivre des activités. Les parents ont leur horaire, les enfants aussi. À vivre de façon anonyme, la famille risque l'éclatement. Comment répondre aux besoins de tous sans négliger les obligations de chacun? Comment donner une part de soi au travail et investir le meilleur de soi-même dans la vie familiale? Il n'y a pas de solution unique qui conviennent à toutes les familles. C'est à chacune de trouver ce qui va le mieux concilier travail et famille pour le bien et le bonheur de tous. C'est aussi à l'État de favoriser cette conciliation par ses lois.

Autre constatation. Un nombre de plus en plus important de familles vivent dans la pauvreté. Un tiers des élèves d'une commission scolaire de Montréal vit sous le seuil de la pauvreté. On connaissait la situation difficile des familles monoparentales où le chef de famille est la plupart du temps une femme, maintenant il faut y ajouter celle des petits salariés, des travailleurs à temps partiel, des immigrants. Ils doivent recourir aux divers organismes d'aide de leur milieu pour répondre à leurs besoins de base. Les enfants sont les premières victimes de cette situation à la source de bien des échecs scolaires et du décrochage. Pour y répondre l'État intervient par ses politiques sociales. Cela ne suffit pas. Heureusement, des organismes de bienfaisance leur viennent en aide mais leurs ressources sont limitées.

Et la liste pourrait s'allonger. Pour que les conditions les meilleures existent, la famille doit être un sujet de premier intérêt autant pour les individus que pour l'État, si nous croyons à la famille.

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8 octobre 2006