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L'abc de la foi chrétienne Le dimanche 10 septembre 2006 Il y a deux jours, nous étions invités à "célébrer" la Journée internationale de l'alphabétisation. Je mets ce mot célébrer entre guillemets, car il n'y a rien de réjouissant à penser que partout dans le monde - et donc chez nous également - des hommes et des femmes n'ont pas su ou n'ont pas eu la possibilité d'apprendre à lire et à écrire. Parmi eux, beaucoup d'enfants - des millions d'enfants - qui seront comme eux demain. Il faut le savoir : présentement, sur notre belle et prospère planète, près d'une personne sur sept est illettrée, et sur 860 millions d'illettrés, 500 millions sont des femmes. Je trouve renversants ces chiffres que je découvre sur Internet. Être analphabète, c'est porter en soi un malaise, peut-être une honte. C'est se trouver face à de multiples portes fermées : économiquement, professionnellement, culturellement, psychologiquement. C'est avancer dans la vie avec une blessure qui rend vulnérable, dont on souffre presque chaque jour et qu'on s'efforce de cacher. Ce handicap peut toutefois être surmonté, même si c'est difficile. La Journée internationale de l'alphabétisation m'a conduit à penser qu'on peut être analphabète dans bien des domaines. En musique, par exemple, ou en électronique, ou en informatique, ou en placements d'argent Ne connaissant pas l'abc de ces royaumes, nous voici limités, incapables de nous situer et de décider par nous-mêmes, en connaissance de cause. Heureux, si nous pouvons alors compter sur de bons conseillers ! Est-il possible d'être analphabète sur le plan religieux? Existe-t-il aujourd'hui des chrétiens et des chrétiennes analphabètes ? Je crois que oui. Imaginons un baptisé à qui ne connaît que l'abc, que le b.a.-ba, que les tout premiers rudiments de la foi. Rien de plus ! Possédant une foi qui n'a pas été alimentée et n'a pas été conduite à maturité, ce baptisé n'est-il pas démuni face à tout ce qu'il entend ? N'est-il pas en manque de repères pour discerner ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui est bien ou mal fondé ? L'apôtre Paul dirait : N'est-il pas comme un enfant, secoué et mené à la dérive par tous les courants d'idées ? (Épître aux Éphésiens, chapitre 4, verset 14.) Qui n'a pas entendu parler du roman intitulé le Da Vinci Code ? Après l'avoir lu, plusieurs croyants paraissaient près à déclarer qu'ils avaient été trompés et que l'Église leur avait caché des choses qu'ils auraient dû connaître. Des centaines d'articles, des dizaines de livres ont été écrits pour montrer jusqu'à quel point les affirmations du romancier relevaient de l'art du roman, et non de la science et de la vérité historique et religieuse. La
foi chrétienne n'est pas que sentiment. Elle a un langage, un alphabet.
Elle ne dit pas n'importe quoi. Elle ne croit pas n'importe quoi. Elle fait appel
à l'intelligence. Ce qu'elle affirme ne peut pas être interprété
de n'importe quelle manière. La foi ne s'oppose pas à la raison
humaine. Elle la respecte et y fait appel pour mieux croire et mieux aimer. |
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