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Un jour de repos Le dimanche 3 septembre 2006 Je me rappelle que la Fête du Travail, durant ma jeunesse, était comme la cloche qui sonnait la fin de la récréation dans la cour d'école. C'était d'ailleurs le lendemain de ce premier lundi de septembre que nous reprenions le chemin de l'école. Aujourd'hui, c'est une fin de semaine de trois jours qui annonce la venue prochaine de l'automne et marque la reprise des activités régulières après la pause estivale. Cette fête du Travail, propre à l'Amérique du Nord, a été supplantée par celle du 1er mai. Quoi qu'il en soit, je veux profiter de cette fin de semaine pour vous proposer une réflexion sur le travail en m'inspirant de certains textes bibliques. Dès le début, c'est Dieu que l'on voit en plein travail de création et de mise en ordre de l'univers. La création ne sera pleinement achevée qu'avec le repos du 7e jour. Le repos fait partie de la création : c'est à cette occupation que Dieu se livre ce jour-là. C'est étonnant, direz-vous, de parler du repos au lieu du travail. Oui, mais l'un ne va pas sans l'autre. Cette organisation de l'activité humaine dans le temps donne du sens au travail. Par son travail étalé sur six jours, on conçoit que l'être humain est associé à l'uvre de création de Dieu. Mais le 7e jour, l'être humain est libéré pour trouver le temps de vivre et d'apprécier la compagnie des autres personnes. Ce jour de liberté était aussi consacré à la louange du Créateur. Les textes bibliques donnent aussi une autre signification à l'alternance du travail et du repos. Elle est plus ancienne que celle que je viens d'évoquer. Les six jours de travail étaient associés au temps d'esclavage des Hébreux en Égypte tandis que le jour de repos célébrait la libération réalisée par le Seigneur Dieu. Cette association se comprend quand on sait que le serviteur, le travailleur et l'esclave étaient désignés par le même mot dans la langue hébraïque. D'ailleurs, dans un grand nombre de sociétés antiques, le travail était effectué par des esclaves plus ou moins bien traités. Si le travail créait des inégalités entre les personnes (maîtres et esclaves, propriétaires et ouvriers), le repos obligatoire du 7e jour (le shabbat) ramenait tout le monde sur un pied d'égalité, même avec les animaux de trait et les bêtes de somme à qui on devait donner congé. Ce bref survol nous fait découvrir que le travail est un moyen par lequel l'être humain peut se valoriser en apportant sa contribution à la société. Tant mieux si quelqu'un exerce un travail créatif qui le met en contact avec son être. Mais ce n'est pas le cas pour tout le monde. Dans nos sociétés, le travail ne se réduit souvent qu'à la production. Pourtant, le sens de la vie d'une personne ne se résume pas seulement à ce qu'elle fait et produit. Il y a aussi une autre dimension qu'il ne faut pas négliger : celle de son être. C'est là que se situent la conscience et l'identité de la personne, lui donnant ainsi son caractère unique. Le jour de repos permet de reprendre contact avec soi-même, de se sentir plus proche de ses valeurs, de partager son espace vital avec les parents et les amis. Et dans toutes les traditions religieuses, le jour de repos donne la liberté nécessaire pour se rassembler dans la prière et la louange. |
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