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Le bien commun, notre plus grande richesse

Le dimanche 7 mai 2006

Il ne se passe pas une semaine sans que nous ne soyons confrontés au problème de la répartition des biens et des droits de la personne. La misère grandissante des uns, la richesse démesurée des autres, les négociations à propos de l'équilibre fiscal, les revendications en matière de droits de la personne ne sont que quelques exemples qui démontrent que l'équilibre entre les droits personnels et les droits collectifs est toujours fragile.

Le traditionnel " message du 1er mai " publié par le Comité des affaires sociales de l'Assemblée des Évêques Catholiques du Québec à l'occasion de la fête des travailleurs aborde cette année la question du bien commun. Comment définir le bien commun? Le bien commun est une réalité dynamique qui fait en sorte que tous soient inclus dans la vie de la société et aient accès aux biens de la création et qu'ils puissent participer à l'effort collectif pour améliorer le monde.

La juste répartition des biens et de la propriété entre les humains ne saurait se faire uniquement à partir des droits individuels. En même temps que grandit notre sensibilité aux droits de la personne, doit grandir notre sens du bien commun. Nous devons prendre conscience que ce n'est que dans la solidarité que chaque individu trouvera la garantie d'une vie paisible et convenable.

Il faut bien voir que le monde de libre marché dans lequel nous sommes entrés dans les années 1980 laisse libre cours à la brutalité économique et financière des plus forts. Même l'action des gouvernements doit souvent plier dans la direction indiquée par les grands de l'économie. Or, nos valeurs communes ne sauraient être préservées par le seul équilibre du marché.

La frénésie du profit à tout prix a des conséquences désastreuses en ce qui regarde les conditions de travail et les programmes sociaux. La mondialisation néolibérale a aggravé les inégalités dans chaque société comme entre les pays riches et les pays pauvres (message du 1er mai, no. 4).

Benoit XVI, dans sa première encyclique, rappelle que " la norme fondamentale de l'État doit être la recherche de la justice et que le but d'un ordre social juste consiste à garantir à chacun […] sa part du bien commun " (encyclique Deux Caritas Est¸ no. 26). Dans le contexte actuel de mondialisation, comment les États peuvent-ils être en mesure de rejoindre cette norme fondamentale?

Notre tradition religieuse est marquée par le souci du partage. Dieu se présente à nous comme un Dieu qui donne. Cette grâce reçue doit être rendue à l'autre. Ainsi se tisse un peuple où les biens circulent et où tous ont leur place au soleil. Le " dieu Marché ", de son côté, ne donne jamais. Il exige sans fin, touchant en particulier les plus vulnérables de notre collectivité.

Jean-Paul II a réaffirmé que la propriété privée est ordonnée, en droit, à la solidarité et reste ainsi toujours grevée d'une " hypothèque sociale " (message du 1er mai, no. 8). Sortons de chez nous et joignons-nous à d'autres pour redonner l'espérance d'une société plus juste, pour arriver à " rien de moins qu'un retour à l'accès universel au bien commun pour chaque membre de l'humanité " (message du 1er mai, no 11).

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8 mai 2006