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Le carême, un temps d'ascèse Le dimanche 19 mars 2006
En voici une définition profane: Ensemble des exercices qui entretiennent la vigueur physique, intellectuelle et morale. Et maintenant une définition chrétienne: Exercices physiques, intellectuels et moraux qui tendent à donner une parfaite maîtrise du corps et à libérer l'âme pour parvenir à l'union avec Dieu. Je retiens le mot maîtrise. Le musicien, le cycliste, le cégépien, le coureur de fond ont besoin d'ascèse pour atteindre leurs buts. L'ascèse n'est pas le but, mais le moyen d'y parvenir. Prenons le cas de Jésus. Durant les 40 jours qu'il a passés au désert, il s'est appliqué à se tenir en présence de son Père et à être totalement à son écoute. Pour y parvenir, il s'est privé de pain, de ce pain qui nourrit le corps. En agissant ainsi, il aiguisait sa faim d'un autre pain, de ce pain qui est la Parole de Dieu et qui vient du ciel. Les catholiques qui font leur carême s'entraînent à maîtriser leur corps, leur cœur et leurs pensées en vue de rencontrer Dieu. Comment y parvenir concrètement? Beaucoup d'entre nous se souviennent du temps où, pendant le carême, la plupart des catholiques jeûnaient et faisaient abstinence (ne mangeaient pas de viande certains jours). Pour les enfants et les jeunes, la privation de bonbons était pratique courante. Jeunes et adultes étaient nombreux à participer à la messe, chaque jour. Les lois de l'Église concernant l'ascèse, le jeûne et l'abstinence ont été adoucies et la manière de les pratiquer est maintenant largement laissée à l'initiative de chacun. Ce qui ne les rend pas moins importants. Il n'y a plus de programme détaillé tracé à l'avance pour tout le monde, mais chacun est invité à établir son propre programme. Une personne m'a un jour demandé quels conseils j'avais à lui donner pour l'aider à établir son programme de carême. Ayant été aumônier d'action catholique, je l'ai spontanément référée à la méthode enseignée à l'époque: voir-juger-agir. VOIR. Je considère comment je vis: qualité de mes relations avec les membres de ma famille et tous les gens que je rencontre, temps passé devant la télévision; argent consacré à des repas raffinés ou à des babioles, temps perdu à des riens, temps gratuitement mis au service des autres, temps réservé à la prière… Et ainsi de suite. JUGER. À la lumière de ce «voir», je discerne ce que j'aimerais et pourrais améliorer dans ma vie. J'insiste sur ce qui devrait l'être. AGIR. Puisqu'il est impossible de tout améliorer en même temps, je me fixe une ou deux priorités. J'essaie d'être précis: d'ici Pâques, tel jour, à telle heure, je ferai telle chose, de telle manière… ou: je m'abstiendrai de ceci, de cela. Il ne reste plus qu'à passer aux actes. C'est le plus difficile, mais aussi le plus libérateur. |
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