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À la découverte de Taizé Le dimanche 22 janvier 2006 En cette semaine de prière pour l'unité des chrétiens, je veux vous parler d'une expérience unique de rapprochement des chrétiens : Taizé. Pour la plupart des lecteurs et lectrices de cette chronique, Taizé est un nom qui ne rime à rien de connu. Mais pour des milliers de jeunes de par le monde, Taizé est une réalité bien concrète et bien vivante. Taizé, c'est d'abord un petit village dans le sud de la France. En août 1940, Roger Schutz, un protestant suisse, s'y installe. C'est en France qu'il va réaliser le projet qu'il murit. Il se sent appelé à une vie de prière et à la création d'une communauté. Durant la guerre, sa maison accueille des réfugiés. En 1942, il échappe à la Gestapo allemande et doit fuir la France. En 1944, il est de retour à Taizé avec trois compagnons pour former une "petite communauté fragile, suspendue à une folle espérance, la réconciliation des chrétiens et de tous les hommes" comme il aime à rappeler. À Pâques 1949, ils sont sept à prononcer des vux de célibat et de communauté de biens. Ils entreprennent une démarche originale car au sein de l'Église réformée la vie monastique est presque inexistante. En 1969, des frères catholiques y sont accueillis. Taizé devient une communauté de vie et de prière qui se veut un pont entre les confessions chrétiennes. Durant le Concile, le frère Roger fait la connaissance de celui qui deviendra le pape Jean-Paul II. Une relation d'estime réciproque naîtra entre les deux hommes, et chaque année le pape invitera le frère Roger à venir à Rome. En 1986, lors de son voyage en France, le pape s'arrêtera à Taizé. Avec les années, Taizé est devenu le point de ralliement des jeunes chrétiens en Europe, ce que le frère Roger n'avait pas prévu. Pour eux, il lance l'idée d'un "concile des jeunes" qui s'ouvre en août 1974, en présence de 40 000 jeunes venus de tous les continents. L'initiative aura peu de suite, mais elle inspira le pape Jean-Paul II qui imagina de rassembler les jeunes du monde, ce qui donnera naissance aux JMJ. Au cours des ans, Taizé et le frère Roger continueront à accueillir les jeunes par milliers jusqu'à nos jours, tout en faisant des rencontres dans les métropoles européennes. Pour rejoindre les plus déshérités, Taizé a créé dès les années 50 des fraternités dans des milieux défavorisés. Aujourd'hui, des Frères vivent dans des quartiers déshérités en Asie, en Afrique, en Amérique latine. Avant que l'âge ne l'oblige à rester à Taizé, le frère Roger séjournait lui-même dans ces lieux d'où il écrivait des lettres destinées en particulier aux jeunes. Montréal n'a pas échappé à son influence. Les lundis soir des jeunes se retrouvent au Relais Mont-Royal pour prier à la manière de Taizé. Et des groupes animés par son esprit se rassemblent chaque année, une fin de semaine, avec le frère Émile, un canadien de la communauté de Taizé.
Aux JMJ de Cologne, j'ai été en mesure de goûter à
l'animation des frères de Taizé lors d'une catéchèse
que j'y ai donnée. Mais ces JMJ ont été assombries
par l'annonce de la mort violente du frère Roger, tué au
moment de la prière du soir qu'il présidait. Sa mort tragique
a été pleurée par des milliers de jeunes. Heureusement
son héritage lui survivra, et des jeunes du monde entier se rendront
encore à Taizé y trouver paix et sens à leur vie.
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