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Qu'est-ce
qu'une basilique ? Le dimanche 13 novembre 2005 Dans le cadre de l'exposition "Saint-Pierre et l'héritage des papes" qui s'est tenue cet été dans la crypte de la Basilique Notre-Dame, quelqu'un demandait pourquoi on donne à cette église le nom de basilique. Certaines personnes pensent que la Basilique Notre-Dame est la cathédrale du diocèse car elles me voient y présider souvent des célébrations importantes. Je comprends qu'il n'est pas toujours facile de se démêler dans les noms que l'on donne aux lieux de culte. La plupart du temps, ces noms proviennent directement du latin ou du grec et ne se retrouvent pas dans nos conversations de tous les jours. Et il y a aussi toute une histoire qui se cache derrière ces mots et ce qu'ils désignent. Je vous propose donc aujourd'hui une petite excursion dans le temps, plus précisément dans la Rome des premiers siècles. Nous allons découvrir les origines du nom de " basilique " que l'on donne aux quatre plus importantes églises de Montréal. Ce sont la Basilique Notre-Dame, la Basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde, la Basilique de l'Oratoire Saint-Joseph et enfin la Basilique St. Patrick. C'est d'abord à Athènes que l'on trouve l'origine des basiliques. On appelait "portail royal" (on disait en grec : stoa basilikè) l'édifice public qui servait à désigner le tribunal où siégeait le roi de la cité. Les Romains introduisirent chez eux ce type d'édifice vers le 2e siècle avant Jésus-Christ. Par souci d'abréviation, ils supprimèrent le mot "portail" et appelèrent tout simplement " basilique " (en latin, on dit basilica) cet édifice dont la construction était assez simple. C'était une enceinte rectangulaire, formée de colonnes supportant un toit à double pente et ouverte sur tous ses côtés. De longues poutres permettaient de dégager un espace central assez vaste. Durant la mauvaise saison, les citoyens pouvaient y traiter leurs affaires à l'abri des intempéries, au lieu de le faire sur le forum. La basilique était en quelque sorte un édifice multifonctionnel, servant de palais de justice, de bourse commerciale, de salle de réunion, de halles et de lieu de promenade. Par la suite on ferma l'enceinte par des murs. En se retrouvant désormais à l'intérieur, les colonnes divisèrent l'espace en trois nefs. La hauteur de la nef centrale fut plus élevée afin que, dans la partie supérieure, on puisse percer des fenêtres sur toute la longueur. À l'extrémité de la nef centrale, on aménagea une section en demi-cercle, nommée abside, pour servir de tribunal. À partir du 4e siècle, à la suite de la reconnaissance par Constantin du christianisme comme religion officielle, on permit aux chrétiens de s'installer dans des basiliques désaffectées qui devinrent des "centres paroissiaux" avant la lettre. On adopta même le style architectural de la basilique romaine pour les nouvelles constructions. Pendant un certain temps, on conserva le terme basilique pour désigner l'édifice de la communauté chrétienne, jusqu'au moment où s'imposa le nom "église" tant pour désigner la communauté vivante que le lieu de rassemblement. Mais dans la tradition on a continué de donner le titre honorifique de basilique à une église ayant une importance historique ou religieuse.
La cathédrale, quant à elle, est l'église qui, dans un diocèse,
est attribuée à l'évêque. On y trouve la cathèdre,
le siège présidentiel de l'évêque. |
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