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Avez-vous prévu vos funérailles ?

Le dimanche 6 novembre 2005

Je suis étonné parfois de la rapidité avec laquelle les choses changent. Si tous les changements ont un impact, il en est qui concernent des aspects sérieux et importants de la vie, comme ceux qui touchent à la question des rites funéraires.

Il n'y a pas si longtemps, on ne se posait pas de questions sur les rites qui accompagnent la mort. Lors d'un décès, la famille se rendait au presbytère de la paroisse afin d'organiser les funérailles. Un salon funéraire, situé souvent tout près de l'église, permettait à la famille et aux proches de se retrouver durant quelques jours en présence du corps exposé de la personne défunte. Cette période d'exposition se concluait à l'église par la célébration des funérailles, en présence du cercueil placé à l'avant de la nef. Puis on se dirigeait vers le cimetière afin de mettre en terre le corps de celui ou celle qui nous avait quittés.

En quelques années, ce rituel a beaucoup changé. Les rites sont devenus multiples et personnalisés. Maintenant, chaque personne décide des rites entourant sa propre mort ou celle de ses proches. Traditionnellement, c'était la collectivité qui déterminait ces rites. On les recevait de l'histoire et de la culture, ils nous étaient donnés. Grâce à ces rites, la mort était vécue dans un cadre connu qui permettait le deuil.

Pour un chrétien, qu'en est-il? La mort n'est pas la fin, mais bien la suite de la vie, marquée par une renaissance dans le Christ. Il convient que cela soit célébré dignement et en vérité. Le rite de décès pour un catholique consiste en un passage à l'église paroissiale, avec célébration du rituel des funérailles. Par cette célébration, nous prenons le temps de nous arrêter, de nous souvenir de ce que la personne a été pour nous, de ce que nous conservons d'elle. Nous prions en rendant grâce à Dieu pour cette personne, pour la vie qui lui a été donnée et qu'elle poursuit maintenant autrement.

L'Église privilégie la présence du corps du défunt lors de la célébration des funérailles. Notre corps est important, il a été créé par Dieu et il est le moyen par lequel nous sommes visibles les uns pour les autres. Le corps ne se réduit pas à une simple enveloppe de chair sans importance. Il est réellement le temple de l'Esprit saint reçu au baptême. Il peut arriver que le corps soit incinéré avant la célébration. Nous pouvons alors célébrer en présence des cendres; il faut cependant reconnaître que la perception de la présence ne sera pas la même.

Il arrive parfois, pour des raisons pratiques telles le transport, la commodité des lieux, ou encore pour des arguments monétaires, qu'une famille souhaite que la célébration aie lieu au salon funéraire. Il est bien sûr possible de prier au salon, et cela convient. Il faut cependant reconnaître que cela n'équivaut pas à des funérailles dans l'église paroissiale. À cause du lien entre l'Eucharistie (la messe) et la communauté paroissiale, on ne célèbrera pas les funérailles avec eucharistie au salon funéraire, mais bien une célébration de la Parole. On veillera à ce qu'elle soit présidée par une personne dûment mandatée en ce sens, qui agit au nom de la communauté chrétienne.

Il est important d'indiquer à nos proches, de façon claire et explicite, que nous voulons des funérailles catholiques dans l'église paroissiale. Autrement, il peut arriver que, sous l'émotion du moment et sous diverses pressions, ceux qui ont à prendre les décisions entourant notre mort n'agissent pas comme nous l'aurions souhaité.



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6 novembre 2005