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Fini, le temps des missionnaires ?

Le dimanche 23 octobre 2005

Un ami m'a demandé: "Pourquoi envoyons-nous encore des missionnaires à l'étranger, alors que nous avons tellement besoin de prêtres, de religieuses et de religieux au Québec?"

Je lui ai répondu en me référant à l'Évangile et à saint Paul.

À la fin de l'évangile de saint Matthieu, Jésus donne un ordre à ses disciples: "Allez! De toutes les nations faites des disciples" (chapitre 28, verset 19). Ces paroles ont à être prises aux sérieux par toutes les communautés chrétiennes. Ce fut le cas au début de l'Église. Ce doit l'être encore aujourd'hui.

Saint Paul est un exemple à avoir sous les yeux. Quel grand missionnaire il a été! Il a parcouru l'Asie Mineure et est mort à Rome. Il disait: "Si j'annonce l'Évangile, […] c'est une nécessité qui s'impose à moi; malheur à moi, si je n'annonce pas l'Évangile! " (1re lettre aux Corinthiens, chapitre 9, verset 16).

Les missionnaires d'autrefois et d'aujourd'hui lui ressemblent. Ils connaissent la valeur de l'Évangile pour les individus et les sociétés. Ils savent qu'il aide à vivre en marchant vers le bonheur et en collaborant à la construction d'un monde meilleur. Un feu intérieur les pousse à aller au loin pour que le Christ et son Évangile soient partout annoncés et accueillis.

Mon ami m'a dit: "Nous ne sommes plus au temps de saint Paul et nous vivons dans un monde pluraliste. L'Église reconnaît qu'il y a du bon dans toutes les religions et que toutes les personnes qui suivent sincèrement leur propre religion seront sauvées. À quoi bon chercher à les convertir?"

Je lui ai répondu: "Les missionnaires d'aujourd'hui ne sont plus des convertisseurs comme ont pu l'être certains d'entre eux autrefois. Ils respectent la foi des autres. Mais, ayant personnellement expérimenté la valeur et la sagesse de l'Évangile, ils estiment nécessaire d'en parler et de les diffuser. Ils sont comme ces gens qui, tout heureux d'une grande découverte qu'ils ont faite, ne peuvent s'empêcher d'en témoigner."

Mon ami m'a dit: "J'ai appris dernièrement que sainte Thérèse de Lisieux, qui a vécu dans un monastère français, a été déclarée patronne des missions. Je ne comprends pas! Elle n'est jamais allée en mission!"

Je lui ai répondu: "C'est paradoxal, mais bel et bien ainsi. L'Église a à être missionnaire tout le temps et partout où elle est. Elle l'est certes quand elle envoie des disciples du Christ au loin; elle l'est aussi quand elle cherche à faire connaître le Christ dans des milieux autrefois chrétiens et aujourd'hui déchristianisés. Elle l'est à Paris, à Rome, à New York, à Vancouver. Elle doit l'être à Montréal."

J'ai précisé qu'aux yeux de l'Église, être missionnaire était d'abord une affaire de cœur et de passion. Est missionnaire celui ou celle qui, voulant voir le message du Christ retentir partout dans le monde, y contribue de son mieux là où il est. Il le fait par sa prière, ou par sa parole quand cela convient. Il le fait par toute sa vie, en mettant en pratique l'Évangile.

"Toi et moi, ai-je ajouté, nous avons à être des missionnaires." Il m'a semblé un peu étonné de ma réponse puis, après un moment, il m'a répondu : "C'est plein de bon sens".


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23 octobre 2005