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Être
père Le dimanche 19 juin 2005 Il y a quelques semaines, un homme escaladait le Pont Jacques-Cartier afin d'y suspendre une bannière arborant un texte revendicateur sur les droits des pères. Tous les médias ont couvert cet incident. L'homme portait un costume farfelu qui nous faisait un peu oublier ce que pouvait dissimuler ce déguisement. Son histoire? Nous ne la connaissons pas. Mais il a attiré l'attention générale sur la souffrance de certains pères qui vivent séparés de leurs enfants. Je ne veux pas m'immiscer dans des histoires de familles qui ne me regardent pas, mais je suis certain que de tels gestes d'éclat ne faisaient pas partie du plan de match de cet homme lorsqu'il pensait à devenir père. Sûrement qu'au départ, il espérait offrir la meilleure vie possible à son ou ses enfants. Être père Je revois mes frères vivant l'attente de leur premier enfant. Je me rappelle les confidences de certains amis. Enthousiasme et doute, à la fois. Allaient-ils être à la hauteur? Avec leur épouse, seraient-ils de bons parents? De bons guides? Auraient-ils de quoi leur offrir une vie la plus facile et la meilleure possible? Je pense aussi à ce père de ma connaissance dont le fils est membre d'un gang de rue et qui, avec sa femme, a dû demander l'aide de spécialistes pour essayer de comprendre et d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Comment demeurer un guide, un point de référence pour l'enfant dans ce genre de situation? Comment lui apprendre à faire sa place dans un monde qui n'est pas que rapports de force? Des questions à profusion et peu de réponses! On a dit longtemps que la paternité était en crise. Et c'est l'image que nous présentaient les médias. Cette situation est en train de changer, je crois. On nous montre plus volontiers des pères qui vivent pleinement leur rôle, avec leurs forces et leurs faiblesses. Des pères bien présents. J'en suis heureux, car je crois depuis longtemps que la vocation de père doit être revalorisée, et être aussi bien vue que celle de mère. Dans la Bible, Dieu se présente comme un père. Tendresse, attention, miséricorde Dieu ne se fatigue pas de laisser une nouvelle chance à son peuple. Inlassablement, il prend le risque de pardonner à nouveau, de se relancer dans l'aventure de la paternité. Être père, c'est être un peu à l'image de Dieu. C'est donner sans compter, permettre les erreurs, prendre le risque de ne pas être aimé à la hauteur du don de soi. C'est commencer à écrire une histoire dont on ne connaît pas la fin. Demandons aux pères combien il peut parfois être ingrat d'être père! Il faut avoir confiance. C'est toujours avec joie que je rencontre des pères et des mères heureux de collaborer à la transmission de la vie. Des gens pleins de courage, ouverts à la vie et à ses surprises, prêts à relever le défi. En cette fête des pères, reconnaissons l'apport immense, indispensable et irremplaçable du père dans notre société. Et disons-lui notre amour! Bonne
fête des pères! |
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