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Le
désir d'être mère Le dimanche 8 mai 2005 La fête des mères célèbre toutes les femmes qui, un jour, ont eu un enfant. Célèbre-t-elle aussi ces femmes qui ne sont pas encore mères, mais le deviendront bientôt dans quelques mois ou quelques semaines? Pourquoi les écarterait-on de la fête ces femmes qui, déjà, portent en elles leur enfant, entendent battre son cur, cherchent quel nom lui donner? Être mère pour la première fois! J'essaie d'imaginer ce que cela peut être. Je me rappelle ce que mes belles-surs m'ont dit, ce que mes cousines m'ont raconté. Je pense à ce que de jeunes femmes ont essayé de m'expliquer quand j'en étais aux premières années de mon ministère. C'était l'époque où avoir trois ou quatre enfants était chose assez courante. Ce n'est plus le cas. On a aujourd'hui un enfant, on en a deux Et on y pense beaucoup plus longtemps qu'autrefois avant de décider d'en mettre un au monde. Je comprends! Dans quel monde vivra-t-il cet enfant? Quel univers, quel pays lui aurons-nous préparés? Quelles seront ses chances de bonheur? Quelle place y aura-t-il pour lui s'il ne se classe pas parmi les premiers? S'il ne sait pas jouer énergiquement des coudes? S'il est handicapé? Devra-t-il aller à la guerre? Sera-t-il victime d'un acte terroriste? Quelle eau, quel air, quelles institutions, quelles valeurs nous apprêtons-nous à lui léguer? Les femmes qui donnent aujourd'hui naissance à un enfant sont généralement plus âgées que celles d'il y a quarante ans. Elles ont à penser à l'enfant qui va naître, mais aussi à leur carrière qui doit être repensée. Faut-il tout abandonner durant quelques années ou pour un an seulement? Que de questions difficiles à examiner, que de choix exigeants à faire! Je suis souvent étonné de voir tout ce qui peut être demandé à ces femmes qui, aujourd'hui, décident d'être mère. Hier aussi, on leur demandait beaucoup. Les exigences présentes sont-elles plus grandes que celles d'hier? Ce qui expliquerait, pour une part, que tant de femmes et de couples s'interrogent autant et aussi longtemps avant de décider de transmettre la vie. Au-delà de ces interrogations, reste le désir d'être mère. Un désir indéracinable, parce que très profondément ancré dans le cur de tant de femmes. Donner la vie! Avoir un enfant! Avoir son enfant! Quelqu'un né de soi. Quelqu'un tiré de sa chair et de son sang. Un vivant à aimer de tout son cur, de toute son énergie et de toute son âme. Viendront les douleurs, les inquiétudes, les déceptions, les conflits, la maladie, les séparations Les futures mères le savent. Celles qui ont de grands enfants le savent encore plus. N'empêche que l'appel à donner la vie ne s'éteint pas. Il est inscrit dans la nature même de l'homme et de la femme. Dans celle de la femme surtout. "Soyez féconds et multipliez-vous", est-il écrit dans le premier chapitre du livre de la Genèse (verset 28). Et dans l'évangile de saint Jean, il est dit: "La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu'elle éprouve du fait qu'un être humain est né dans le monde" (chapitre 16, verset 21). Un
enfant à aimer! Et pour toute la vie. C'est ce qui explique tout. Bonne
fête à toutes les mamans!
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