|
|
|
|
||||
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Je
reviens de Rome Le dimanche 1er mai 2005 J'y ai vécu une expérience humaine et spirituelle unique en participant au conclave qui a élu le pape Benoit XVI. Élire un pape peut sembler à plusieurs une démarche semblable à celle vécue pour élire un chef de parti. Pourtant, on est à cent lieux de cela. On est dans un monde autre que celui de la politique. C'est avant tout une expérience spirituelle, une expérience de foi. Ce le fut pour moi. On imagine mal que l'élection du pape ait cette dimension première. Mais, c'est avant tout dans la prière que je me suis plongé pour accomplir cette grande tâche. C'est devant Dieu et ma conscience que j'ai été appelé à arrêter mon vote. D'ailleurs, quand on va déposer son bulletin sur l'autel de la chapelle Sixtine, on dit: " Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui que, selon Dieu, je juge devoir être élu." La semaine précédant le conclave avait été consacrée à réfléchir sur la situation de l'Église de par le monde. Ensemble, les cardinaux présents à Rome avaient fait la liste des grands problèmes que doit affronter l'Église. Bien sûr, tous s'interrogeaient sur celui qui pourrait succéder à Jean-Paul le Grand. Mais une fois que chacun de nous a été placé devant son bulletin blanc à remplir, c'est à Dieu que nous disions que celui que nous choisissions était celui qui nous semblait le meilleur pour être le successeur de Pierre. Toute cette démarche de votation se déroulait en silence. Chacun des cardinaux était appelé à s'avancer vers l'autel pour déposer son bulletin sur une patène (sur laquelle on dépose l'hostie à la messe). Quand tout fut terminé, les votes ont été comptés et les bulletins dépouillés. Comme vous le savez, il a fallu quatre tours de scrutin avant que le pape ne soit élu. Quand cela s'est produit, ce fut un moment émouvant pour tous. Un silence chargé de sacré enveloppait l'assemblée. Il a été brisé par des applaudissements nourris après que le cardinal Ratzinger eut accepté son élection. Il a alors fait connaître le nom qu'il allait porter. Benoit XVI, pour travailler à la paix comme l'a fait le pape Benoit XV et travailler à l'union entre les peuples comme saint Benoit, patron de l'Europe. Comme tous les cardinaux, je suis allé le féliciter et l'assurer de ma volonté d'uvrer avec lui au bien de l'Église. Durant ce temps, la fumée qui devait être blanche hésitait à indiquer clairement que nous avions un pape. Heureusement, les cloches se sont mises à sonner pour chasser toute confusion. Habemus papam. Vous avez vu à la télévision la présentation de Benoit XVI au balcon de la basilique Saint-Pierre. J'étais alors sur un autre balcon. Ce qui m'a été donné de voir était un spectacle impressionnant. Une foule qui grossissait de plus en plus, des applaudissements, des réactions de joie. Un jour unique. Je me sentais privilégié de vivre une telle expérience. À
la suite de l'élection du cardinal Ratzinger, les réactions n'ont
pas tardé à venir. Plusieurs ont été surpris, voire
déçus d'un tel choix et n'ont pas hésité à
poser un jugement sévère sur l'avenir de l'Église. Pour ma
part, je connais bien le pape et je suis assuré que son expérience,
sa compétence et ses nombreuses qualités humaines et spirituelles
feront qu'il saura répondre aux besoins de l'Église dans le monde
ce temps.
|
|
||||
|
|
Biographie | Homélies et allocutions | textes officiels | Chronique du Journal de Montréal www.diocesemontreal.org |
|||||