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Foi et amour Le dimanche 13 mars 2005 Nous voici arrivés à la cinquième semaine du Carême. Nous avons parcouru ensemble un bout de chemin au cours duquel j'ai abordé avec vous différentes dimensions de l'expérience de la foi. Il en reste une autre que je veux traiter aujourd'hui : c'est le rapport entre la foi et l'amour. Vous n'êtes pas sans savoir que les relations humaines, en particulier les plus intimes, sont faites de confiance et d'amour réciproques. Il n'y a pas d'amour vrai sans confiance l'un envers l'autre. Et la confiance devient de plus en plus solide lorsqu'elle peut s'appuyer sur les signes d'un amour tangible. Il en est de même dans notre relation avec Dieu. L'évangéliste Jean écrit que Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que tout être humain qui croit en lui ait la vie en abondance. Une femme m'a dit un jour qu'elle avait saisi le sens de cette parole lorsqu'elle est devenue mère. Elle avait l'impression d'être Dieu pour son enfant, c'est-à-dire qu'elle entrevoyait dorénavant l'amour comme le don de sa vie pour son enfant. On pourrait aussi dire l'inverse : la vie est un amour donné et partagé en faveur de l'autre. Le témoignage de cette mère me rappelle une parole tirée du livre d'Isaïe où Dieu réconforte le prophète en lui disant que s'il arrivait un jour qu'une mère oublie son enfant, lui, par contre, ne l'oublierait jamais. Il y a beaucoup d'autres paroles que je pourrais évoquer, mais je veux revenir à celle de Jean qui affirme que Dieu s'est donné à nous par amour dans la personne de Jésus. Et Jésus a consacré sa vie à faire voir cet amour aux personnes qu'il a rencontrées sur sa route. Cet amour est digne de foi. Ou, en d'autres termes, nous pouvons croire en Dieu en nous appuyant sur l'amour que Jésus a placé au cur de sa vie. Les évangiles sont, pourrait-on dire, le recueil des gestes et des paroles de Jésus qui authentifient l'amour de Dieu pour les êtres humains. On peut ainsi comprendre l'importance du commandement que Jésus, le soir de son dernier repas, laisse à ses disciples, en guise de testament spirituel : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C'est à cet amour que l'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. Nous voilà donc placés devant l'obligation de traduire notre foi en Dieu par un amour tangible à l'égard des autres. Comment aimer Dieu que l'on ne voit pas, écrit ailleurs l'apôtre Jean, si on n'aime pas les humains que l'on voit ? C'est de cette manière que nous sommes appelés à faire mémoire de Jésus dans le quotidien de notre vie. Heureuse obligation que celle qui découle de ce commandement de Jésus, car l'amour donne de la chair à notre foi en Dieu. Mais cette obligation est en même temps redoutable, en ce sens qu'aimer les autres en mémoire de Jésus exige souvent des efforts de volonté, car il faut surmonter nos limites humaines quand l'autre se présente avec un visage qui n'est pas de prime abord aimable.
Lorsque nous y parvenons, nous saisissons un peu mieux ce qu'est l'amour de Dieu.
Notre foi en ressort sans aucun doute beaucoup plus forte car, à travers
les autres, elle s'est approchée un peu plus près de l'Amour divin. |
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