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L'expérience de la foi Le dimanche 6 mars 2005 Nous commençons aujourd'hui la quatrième semaine du Carême. Nous pouvons la vivre comme une nouvelle étape sur le chemin qui nous conduit à Pâques. Depuis le début du Carême, j'ai partagé avec vous mes réflexions sur différents aspects de l'expérience de la foi. Certains parmi vous se disent peut-être que la foi n'est pas toujours facile à vivre et vous avez raison. Il y a en effet toutes sortes de parcours de foi. Certaines personnes ont une foi toute simple qui donne de la solidité à leur vie. À l'opposé, d'autres connaissent un cheminement plus laborieux. D'autres encore accordent une place importante à une réflexion plus rationnelle pour mieux comprendre ce à quoi ils croient. Pour certains, la foi ne peut se vivre autrement que par un engagement en faveur des autres. Quelle que soit la manière de vivre dans la foi, il y a des jours où nous avons plus de questions que de réponses, surtout quand un événement malheureux vient ébranler le cours tranquille de la vie. Nous avons l'impression de ne plus rien comprendre à ce qui nous arrive ou, comme si nous étions devenus aveugles, de ne plus voir les signes de la présence de Dieu dans notre vie. Comme plusieurs croyants de la Bible, il nous arrive de demander: "Dieu est-il avec nous, oui ou non ?" Nous réalisons, dans de telles circonstances, que l'expérience de la foi est à la fois ombre et lumière, comme il en est tout simplement de la vie elle-même. Quand une difficulté de la vie survient, nous avons le choix de démissionner ou de l'affronter, de nous replier sur nous-mêmes ou d'en faire un tremplin pour grandir et en ressortir plus forts. Nous pouvons en faire des occasions privilégiées pour porter un regard neuf sur notre manière de concevoir et de vivre la foi. Ce qui me réconforte dans les évangiles, c'est que l'on n'a pas caché les moments où Jésus a vécu de telles expériences. On pense tout de suite aux heures d'angoisse durant la passion, où il se croyait abandonné du Père. Mais n'oublions pas toutes les fois où il a fait face à la contestation des autorités religieuses ou à l'incompréhension de ses proches. Chaque fois, il a trouvé la parole qu'il fallait pour s'expliquer, pour justifier son comportement, pour apporter des précisions à son message. On peut penser en particulier à la parabole de l'enfant prodigue qu'il a racontée pour justifier son comportement à l'égard des pécheurs et des exclus, témoignant ainsi de la miséricorde et de la compassion de Dieu pour tout être humain. De la même manière qu'un professeur apprend lui-même des explications qu'il donne à ses étudiants, ainsi en est-il de la foi qui s'approfondit et se fortifie quand on doit trouver les mots pour se la dire à soi-même quand elle nous semble réduite au silence par une épreuve de la vie. À
travers ces efforts de réflexion, nous vivons cependant quelque chose de
plus profond. C'est notre relation vivante et personnelle avec le Christ Jésus
qui gagne en profondeur. On expérimente un peu plus que la foi est la réponse
que l'on donne, par amour, à Dieu qui nous rejoint sur la route de notre
existence pour y apporter le plus souvent un éclairage discret et tamisé. |
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