|
|
|
|
||||
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Réfléchir avant d'agir Le dimanche 30 janvier 2005 De nos jours, on parle de tant de choses : mariages gais, suicide assisté, fécondation artificielle Face à tout cela, j'entends mes éducateurs me dire: "Avant d'agir, prends le temps de réfléchir, mon gars." Ils me disaient aussi: "Plus ton affaire est importante, plus tu dois en soupeser le pour et le contre avant de passer à l'action." Ils ajoutaient: "Mieux vaut prévenir que guérir." Je n'ai jamais oublié ces conseils et j'ai été heureux, plus tard, de lire des propos semblables dans l'évangile de saint Luc: "Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout?" (Luc 14, 28) Ces paroles de sagesse, l'Église les a depuis longtemps faites siennes. Certains s'en réjouissent, d'autres pas. On lui reproche souvent, en effet, de mettre trop de temps à passer à l'action alors que des transformations ou des adaptations semblent s'imposer. Pendant qu'on trépigne autour d'elle, l'Église prend son temps! Elle se hâte lentement, pourrait-on dire. À une époque et dans une société très friandes d'action, on ne s'étonne pas de voir de longues et sérieuses réflexions être mal reçues. C'est d'action qu'on a soif. Et parfois tellement soif qu'on consent allégrement à remettre à plus tard le temps d'apprécier les effets possibles de ce qu'on accomplit. Je pense ici à des réalités très concrètes. Les coupes de bois dans nos forêts par exemple. Ou encore l'eau de nos lacs, de nos rivières et de notre grand fleuve. Fallait-il vraiment que beaucoup de mal soit accompli avant de discerner tous les dégâts qui peuvent être causés? N'était-il pas possible d'être plus clairvoyants? D'autres réalités, tout autant et même plus importantes encore que l'eau, l'air et la forêt, sont à considérer. Je pense à tout ce qui touche à la vie humaine: son commencement, son développement, son équilibre et sa fin. Je pense à l'avenir de la famille et de la conception qu'on s'en fait. En tout cela, prenons-nous assez le temps de réfléchir avant d'agir? Avons-nous mis suffisamment au clair nos motivations, les objectifs que nous poursuivons? Avons-nous assez discerné les effets possibles de nos actions précipitées? Je l'ai déjà dit et je l'écris ici, je suis inquiet quand je vois avec quelle fébrilité sont mises au rancart des convictions et des valeurs qui nous ont façonnés et nous ont été laissées en héritage. Comme si nous avions tout à inventer, tout à expérimenter. Comme si, pour être sages, il fallait balayer du revers de la main la sagesse des sages qui nous ont précédés. Dans l'évangile de Matthieu, on peut lire une affirmation de Jésus qui invite à l'action et au renouveau: "On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres" (Mt 9, 17). Une autre la complète en joignant la prudence à l'audace, la nouveauté au respect de la tradition. "Tout maître de la loi qui devient disciple du Royaume des cieux, est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes" (Mt 13, 42). Action
et réflexion, audace et prudence, nouveauté et tradition. Voilà,
je crois, un équilibre et un idéal vers lesquels il convient de
tendre. |
|
||||
|
|
Biographie | Homélies et allocutions | textes officiels | Chronique du Journal de Montréal www.diocesemontreal.org |
|||||