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Religions et laïcité Le dimanche 16 janvier 2005 Nous venons de vivre le temps des Fêtes. Dans nos maisons comme dans les lieux publics, des décorations nous ont rappelé la fête de Noël. Inévitablement, Noël étant une fête chrétienne, il s'exprime en des symboles religieux. Or, depuis quelques années, le visage de Montréal s'est transformé par l'arrivée de personnes venant des quatre coins du monde. Cette diversité culturelle est devenue une caractéristique de notre région et en constitue une richesse. Mais quand des communautés culturelles existent ensemble, elles ont à aménager une façon de vivre et de faire qui leur permettront de partager l'espace public de façon harmonieuse. En ce domaine, nous savons que la réalité nous interpelle de façon parfois surprenante. La rencontre entre les cultures suppose une grande souplesse et une ouverture au changement. Si tous sont d'avis qu'il est important d'accueillir la différence, pour plusieurs il devient parfois difficile de le vivre dans les faits. Même de petits détails de la vie prennent parfois une importance que l'on n'avait pas prévue. La question religieuse est souvent au cur de ces différences. Parce qu'elle touche l'identité des personnes, l'appartenance à une religion n'est pas qu'un simple accessoire culturel. Si l'adhésion à une religion est un choix personnel, il demeure que la religion a une dimension collective. Nous percevons dès lors que la cohabitation, dans une même société, de gens aux appartenances religieuses diverses peut être cause de frictions. La question se pose également ailleurs dans le monde. Nous avons tous entendu parlé, ces derniers mois, de ce qui se passe en France. Depuis la Révolution française, il y a plus de deux cent ans, la France est devenu un État laïc. Mais la situation sociale ayant changé et étant en constante évolution, de nouvelles questions se posent et demandent un ajustement du modèle de laïcité. On appelle " laïcité " cette neutralité de l'État par rapport aux diverses religions. Encore ici, les choses ne sont pas toujours aussi simples que l'on pourrait le croire à prime abord. Exemple, l'école étant non confessionnelle, est-il possible et souhaitable, de faire des exceptions aux règlements concernant la tenue vestimentaire, de façon à respecter les normes de telle ou telle religion? Faut-il bannir tout chant de Noël de l'école, puisqu'on y trouve une référence chrétienne? Au Québec, comme ailleurs, la question se pose de façon concrète. Notre histoire est marquée par le christianisme, c'est indéniable. Nous avons à découvrir quel modèle pourrait nous permettre d'intégrer harmonieusement notre histoire et notre tradition. Il ne s'agit pas de conserver des privilèges acquis, mais bien d'éviter de faire table rase d'éléments importants de notre culture et de notre tradition. Évitons de faire de notre société un monde gris et froid, où toute différence est éliminée au profit d'une neutralité sans âme.
Le débat sur la laïcité au Québec n'en est encore qu'à
ces débuts. Si la solution n'est pas évidente, on peut déjà
fixer quelques balises. Entre une laïcité " pure et dure "
qui imposerait une vision purement scientifique du monde, et un état religieux
qui imposerait quant à lui une vision religieuse unique, nous avons à
trouver un aménagement de l'espace public qui soit souple et adapté
à notre situation particulière. |
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