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Les hispanophones au milieu de nous

Le dimanche 10 octobre 2004

Je préside aujourd'hui une messe à l'église Saint-Arsène où se rassemblent les membres de la mission Sainte-Thérèse-d'Avila. Ils tenaient auparavant leurs rencontres à l'église Saint-Jean-Baptiste, sur la rue Rachel.

Thérèse d'Avila (1515-1582), leur patronne, a été une femme exceptionnelle. L'Église la considère comme une de ses plus grandes mystiques. Entrée au carmel à 20 ans, Thérèse reçut la grâce de réformer son Ordre (les Carmélites). Avec Jean de la Croix, elle travailla aussi à la réforme de l'ordre des Carmes. Elle était à la fois femme d'action et femme de grande spiritualité. On lui reconnaît une habileté particulière dans la gérance des affaires temporelles. En 1970, le pape Paul VI l'a déclarée "docteur de l'Église". Elle était la première femme à recevoir ce titre.

En me rendant à l'église Saint-Arsène, je penserai certainement aux personnes auxquelles j'aurai à m'adresser durant la messe mais aussi à tous les catholiques de langue espagnole qui vivent à Montréal. Ils sont nombreux et l'église Saint-Arsène n'est pas le seul lieu où ils se regroupent pour prier et fraterniser.

Il y a environ 75 000 catholiques latino-américains et environ 25 000 catholiques espagnols, qui vivent dans notre diocèse. Si les Espagnols se réunissent surtout à Saint-Arsène, les Latino-Américains sont particulièrement en lien avec la mission Notre-Dame-de-Guadalupe qui a ses locaux et son église sur la rue Bordeaux.

Peu de personnes savent que, dans notre diocèse, il y a en tout 14 églises ou centres où la messe est célébrée en espagnol chaque dimanche. Je pense à l'église Saint-Grégoire-le-Grand, à l'église Saint-Gilbert, à l'église Sainte-Catherine-Labouré, à l'église Sain-Pascal-Baylon… Et il y en a d'autres.

Ces catholiques, qui parlent une même langue, viennent d'horizons différents et ils portent en eux des cultures très diversifiées. À l'intérieur même des lieux de culte qu'ils fréquentent, ils ont donc à faire effort pour s'accueillir mutuellement, se mieux connaître, et parvenir à n'avoir qu'un seul cœur et une seule âme dans la prière.

La présence active des hispanophones à Montréal et à Laval est une richesse pour notre Église. Nous en prenons de plus en plus conscience, en réalisant par ailleurs qu'il y a encore un long chemin à parcourir pour en arriver à mieux nous connaître, à mieux dialoguer et à mieux coordonner nos efforts en vue de la proclamation de l'Évangile dont nous devons nous sentir solidairement responsables.

Quand des gens me demandent ce que les catholiques hispanophones apportent de particulier à l'Église de Montréal, je leur réponds: trois choses en particulier. D'abord le dynamisme de leur foi. Ils n'ont pas honte d'être catholiques et ils n'hésitent pas à le dire. Pour eux, être baptisé est une fierté. Je souligne ensuite la présence des jeunes dans leurs communautés. Ils y sont nombreux et dynamiques. Lors de la célébration des deux dernières Journées mondiales de la jeunesse tenues à Rome puis à Toronto, beaucoup de délégués de Montréal étaient de langue espagnole. Je parle enfin de la très grande vitalité de leurs liturgies. Quel dynamisme dans leur musique et dans leurs chants.

C'est avec grande joie que je vais fêter aujourd'hui à Saint-Arsène.

 

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27 septembre 2004