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Sans domicile fixe Le dimanche 26 septembre 2004 C'est le sort de bien des personnes aujourd'hui. On les croise dans la rue où ils nous demandent l'aumône. Ce sont les itinérants. Ce matin, je veux vous parler de ce sujet. Il me tient à cur. L'occasion m'en est fournie par l'inauguration, mardi prochain 28 septembre, des nouveaux locaux de la Maison du Père qui vient en aide aux hommes sans domicile fixe, aux itinérants. Située au coin de la rue Saint-Hubert et du boulevard René-Lévesque, vous la connaissez peut-être. Quand l'après-midi vient, une centaine d'hommes se rassemble sur le boulevard, attendant d'y trouver un gîte pour la nuit. Elle n'est pas une création récente. Fondée en 1969 par le cardinal Paul Grégoire et l'abbé Guy Laforte, la Maison du Père répond depuis plus de trente ans à cette réalité sociale que souvent nous aimons mieux ne pas voir. Le portrait de l'itinérance à Montréal est surtout masculin. Près de 75% de la clientèle des centres d'hébergement est constituée d'hommes dont l'âge varie entre 30 et 44 ans. Mais on constate que le nombre de jeunes de moins de 18 ans augmente ainsi que la proportion des femmes hébergées. À ce groupe, s'ajoutent les malades désinstitutionnalisés, toujours de plus en plus nombreux. Ce portrait nous révèle aussi que les itinérants souffrent de l'une ou l'autre dépendance : la drogue, l'alcool, le jeu ou la dépendance affective. Leur condition d'existence les amène à vivre en marge des réseaux sociaux qui pourraient les aider. Éternels vagabonds, ils se contentent de conditions matérielles toujours précaires. Il en résulte que la malnutrition, le manque d'hygiène, l'exposition aux intempéries sont cause de divers problèmes de santé qu'ils traînent avec eux. Les uvres de la Maison du Père répondent à plus de 40,000 demandes d'aide par année et accueillent régulièrement plus de 6500 personnes différentes, pour au moins une nuit. Toutes ces personnes ont été sans domicile fixe au cours des 12 mois précédents. Pour répondre aux besoins de cette nombreuse clientèle, la Maison du Père offre trois services : le service de dépannage, le service de réinsertion et le service des hommes âgés. Ses objectifs sont de favoriser l'autonomie et de réinsérer leur clientèle dans le circuit des services existant dans le milieu. La Maison du Père se voit comme un organisme complémentaire des autres ressources du milieu. Elle ne les double pas, mais elle accompagne dans les petites choses d'une réinsertion sociale ceux qui viennent chercher ses services. Pour reprendre un de leur leitmotiv, la Maison du Père n'est pas un arrêt, c'est un passage. C'est dans cet esprit que ses nouveaux locaux ont été conçus. Le nombre de lits pour accueillir ceux qui y viennent pour coucher passe de 108 à 150. Le service de réinsertion pourra recevoir dorénavant 32 personnes au lieu de 24. Le suivi des programmes d'autonomie accueillera maintenant 20 pensionnaires. Enfin, le service des personnes âgés et malades augmentera de 40 à 76 chambres. La
Maison du Père est un maillon important de la chaîne d'uvres
sociales et caritatives de Montréal. À tous ceux et celles qui,
chaque jour, sont en état de service auprès des itinérants,
je dis merci.
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