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La Fête du Travail Le dimanche 5 septembre 2004 À la charnière de l'été
finissant et de l'automne qui se pointe, revoici une fête pas comme les
autres. Nous y consacrons en moyenne de 35 à 40 heures par semaine et, dans certains cas, beaucoup plus. Phénomène de notre temps, les heures s'accumulent même en dehors des lieux de travail, avec la panoplie des ordinateurs portables, cellulaires, et autres moyens de télécommunication comme internet. Quantité de personnes sont devenues des accros du travail. À moins de se débrancher totalement, quelqu'un peut être rejoint en tout temps. Même si mon ministère d'archevêque me place dans une situation particulière, je suis confronté, moi aussi, à la question du rapport que nous entretenons avec le travail. Il me vient à l'esprit un billet que l'apôtre Paul écrivait à Philémon, un de ses amis chrétiens. Celui-ci avait un esclave, appelé Onésime, qui s'était enfui et avait fini par trouver Paul sur sa route. Leur rencontre a transformé la vie d'Onésime, puisque celui-ci a demandé le baptême après un temps d'évangélisation. Paul le considère comme son fils dans la foi. Par souci d'honnêteté envers Philémon et par respect du droit, Paul renvoie Onésime chez son maître. C'est là que la situation devient intéressante. Paul écrit à Philémon : " Je te le renvoie, lui qui est comme mon propre cur. ( ) Peut-être Onésime n'a-t-il été séparé de toi pour un temps qu'afin de t'être rendu pour l'éternité, non plus comme un esclave mais bien mieux qu'un esclave : un frère bien-aimé ; il l'est tellement pour moi, combien plus le sera-t-il pour toi, en tant qu'homme et en tant que chrétien " (versets 12-16). Philémon est invité à accueillir Onésime non seulement comme un chrétien mais aussi comme un membre de sa famille. Je retiens de ces propos de Paul une question qui ne perdra jamais de son actualité. Quelles mesures prenons-nous pour que le monde du travail soit un lieu d'humanisation ? Quand on annonce des fermetures d'usine, des déménagements d'entreprise, des transferts de production dans des pays où les salaires sont inférieurs aux nôtres et où les conditions de travail laissent à désirer, en invoquant le plus souvent la réduction des coûts et l'augmentation des redevances aux actionnaires, je me demande quelle conception des travailleurs et travailleuses se cache derrière de telles mesures ? Ne sont-ils que des pions interchangeables dont on peut se départir facilement ? Tout en reconnaissant que le monde du travail obéit à des règles de fonctionnement, il faut veiller à ce qu'il ne devienne pas une forme déguisée d'esclavage. Le respect de la dignité des travailleurs et travailleuses prime sur la productivité. En terminant, je me rappelle ce que me disait un responsable
des ressources humaines dans une grande entreprise : " Quand je pense au
nombre d'heures qu'un employé passe à l'usine, il faut lui donner
des conditions de travail qui lui permettent de s'y sentir heureux ". Bonne
Fête du Travail !
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