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La procession de la Fête-Dieu

Le dimanche 13 juin 2004

 

Jeudi dernier, c'était la Fête-Dieu. À la fin de la messe du soir célébrée à la basilique Notre-Dame, nous nous sommes rendus à la basilique Saint Patrick, en portant le Saint-Sacrement en procession dans les rues.

Cette procession, à laquelle je m'efforce de participer chaque année, est pour moi très riche de sens.

Je trouve d'abord très intéressant de pouvoir proclamer ma foi en marchant dans la rue avec d'autres baptisés. Autrefois, cela se faisait assez souvent. C'est maintenant beaucoup plus rare.

Des gens estiment que les chrétiens ne devraient plus être autorisés à manifester leur foi de cette manière sur la place publique. Le Québec est devenu une terre laïque, disent-ils. La religion est une affaire privée. Elle a sa place dans les maisons et dans les églises, mais pas dans la rue.

Ce n'est pas la conception que j'ai de la laïcité.

La laïcité n'existe pas pour empêcher les croyants de s'exprimer publiquement, mais pour veiller à ce qu'ils le fassent dans le respect des droits et libertés des uns et des autres.

Ce qui me plaît aussi dans cette procession qui nous conduit de la basilique Notre-Dame à celle de Saint Patrick, c'est le signe qu'elle donne d'un catholicisme qui s'efforce d'unir les catholiques montréalais de toute langue et de toute culture.
Catholiques francophones, anglophones, italiens, latino-américains, haïtiens, portugais, vietnamiens…croient au même Dieu, adhèrent au même Évangile, sont membres d'une seule et même Église. Tout en préservant et en développant leur propre culture, ils ont tous à approfondir ce qui les unit au sein de l'Église.
Leur foi au Christ est la base de leur unité. Cette foi, qui transcende toutes les cultures, les appelle à marcher ensemble et à travailler d'un même cœur à rendre de plus en plus vivante l'Église catholique qui est à Montréal.

La procession de la Fête-Dieu me rappelle chaque année que l'unique Église qui doit exister à Montréal est une Église «aux mille visages» et que la diversité des cultures des croyants et croyantes est une richesse pour notre Église.

Ce qu'il y a toutefois de plus caractéristique dans la procession annuelle de la Fête-Dieu, c'est qu'elle soit centrée sur le Saint-Sacrement.

Parler du Saint-Sacrement, c'est parler d'une réalité centrale dans le catholicisme. C'est se référer à ces paroles que Jésus a prononcées sur le pain et le vin, le soir de la dernière Cène: « Ceci est mon corps. Ceci est mon sang. »

Les catholiques croient fermement que, durant la célébration de la messe, le pain devient Corps du Christ. Il mérite alors d'être vénéré, adoré, porté en procession, et il est le signe de la présence du Christ ressuscité au milieu de nous.

Si le Christ s'est fait Pain, ce n'est cependant pas d'abord pour être vénéré et porté en procession. C'est pour être «mangé». Le pain consacré à la messe, que les catholiques appellent le Saint-Sacrement, est le moyen par excellence que le Christ a choisi pour communiquer sa vie à ses disciples et ne former avec eux qu'un seul Corps.

Quand ils fixent leur regard sur le Saint-Sacrement, les catholiques proclament qu'«il est grand le mystère de la foi». Ils affirment leur conviction que le Christ habite réellement parmi nous et qu'ils peuvent habiter en lui.

 

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14 juin 2004