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Montréal sait réinventer lété Le dimanche 6 juin 2004
Lété, tout le monde en rêve car il ramène le plaisir de vivre à lextérieur et, pour la plupart des gens, il prend des airs de vacances. Montréal néchappe pas à la fièvre de lété. La ville shabille de festivals et de nombreuses manifestations expriment la joie de vivre dans ses murs. Lété nous ramène aussi les fêtes de la Saint-Jean et celles du Canada. Elles sont des temps forts de réjouissances populaires et dexpression dappartenance à ce pays qui est le nôtre. Durant lété, Montréal est un endroit où il fait bon vivre et bon venir. Cest ce que nous révèle le grand nombre de touristes et de visiteurs. Les foules qui se pressent, année après année, pour participer au Festival international de jazz et au Festival Juste pour rire ne se trompent pas. Elles y trouvent le plaisir dentendre ou de voir des spectacles de qualité avec des centaines, voire des milliers dautres personnes, dans un atmosphère de fête, de détente et de sécurité. Ce qui étonne et émerveille les visiteurs qui souvent associent spectacles dans la rue et désordre. Là est sans doute la recette gagnante des festivals. À travers ces fêtes populaires, nous prenons conscience que nul nest une île. En vivant ces festivals et autres manifestations collectives, nous réalisons que nous faisons partie de la communauté humaine. Nous trouvons réponse au besoin de communier avec dautres personnes à quelque chose qui nous rassemble et qui nous ressemble. Nous redécouvrons notre besoin de vivre la fraternité et de goûter la chaleur humaine. Notre monde souffre de solitude. Cest un monde froid
et fonctionnel qui renvoie les gens à chacun pour soi et qui rejette
tous ceux qui ne sont pas productifs et nont pas de statut social.
Un tel état de chose engendre des laissés-pour-compte ou
simplement des personnes esseulées. Combien de personnes, pour
de multiples raisons, sont incapables davoir des relations soutenues
avec dautres personnes? À une autre époque, encore récente, le monde dans lequel nous vivions était moins éclaté, moins impersonnel. Les relations familiales ou de voisinage tissaient des liens entre les gens dun même milieu. La religion assurait aussi une réponse à ce besoin de vivre la dimension sociale de notre personne. Les fêtes liturgiques qui ponctuaient lannée permettaient aux gens dêtre ensemble et de faire ensemble. Aujourdhui, la religion joue toujours ce rôle, mais la désaffectation de la pratique religieuse a laissé un grand vide difficile à combler pour bien des gens. Je crois quil y a en chacun de nous un besoin dêtre en lien avec les autres et avec lauteur de la vie : Dieu. Quand ce besoin nest pas comblé, la vie est en manque de quelque chose. Cest ma conviction. Lété, réinventé par les festivals et les autres manifestations, invite à trouver une réponse durable à ces besoins vitaux. Cest ce que je souhaite à tous.
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