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Une fête qui me parle…

Le dimanche 9mai 2004

La fête des Mères me parle beaucoup. D'année en année, elle me redit des choses à entendre qui m'aident à vivre.

Cette fête me parle d'abord de la vie. De cette vie qui est donnée gratuitement et est appelée à grandir. Ce cadeau de la vie, dont les mères ont le secret, à peine vient-il d'être communiqué qu'il appelle déjà, et à tout moment, l'attention, les soins, les caresses, la sollicitude du cœur, de la voix et des mains. Même quand l'enfant a beaucoup grandi, il demeure un vivant issu d'une vivante, qui jamais ne l'oublie… jamais ne l'oubliera, qui jamais ne se séparera du fruit de ses entrailles.

La fête des mères me parle d'un amour qui vient du plus profond du cœur, qui vient de tout l'être de la femme, et qui demeure enfoncé à jamais dans sa chair. «Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, est-ce qu'elle peut ne pas chérir le fils de ses entrailles?» demande le prophète Isaïe. Il n'imagine pas qu'on puisse répondre oui.

La fête des mères me parle d'un combat. De ce combat pour la protection, la défense et l'épanouissement de la vie. Je ferme les yeux un instant et je vois ces femmes – elles sont argentines – qui se tiennent en silence devant le parlement. Elles ont dans leur main la photo de leur fils, de leur fille. Que sont-ils devenus, ces enfants? Pour quels motifs et de quel droit les a-t-on broyés? Je vois aussi toutes ces femmes qui en ont assez de la guerre et assez de ces hommes qui n'osent pas l'impossible pour construire la paix. Les mères n'envoient pas leur fils à la guerre!

Si, sur terre, il est toujours possible de croire en l'avenir de la vie, c'est d'abord aux mères que nous le devons. La vie a plus de prix et elle est chargée de plus d'espérance quand on l'a fait naître à même sa propre chair.

Aujourd'hui, les bons mots, les gestes d'affection, les cadeaux seront nombreux. Seront-ils imposés par la fête ou diront-ils l'amour? Quand ils ne disent pas l'amour, les mères le savent. Mais les mères, parce qu'elles sont mères, disent «merci» quand même. Elles le disent en cachant leur cœur qui saigne.

La fête des mères me parle beaucoup de l'amour des enfants. De cet amour qu'ils ont ou n'ont pas, à l'égard de leur mère. Que de fois, j'ai entendu ces deux phrases qui font mal à entendre: «Mes enfants ne viennent pratiquement plus jamais me voir. Ils ne me téléphonent presque jamais.» Des mots simples, signes d'une immense tristesse.

La fête des mères n'a de sens que si elle est une fête commune, que si elle est, d'un même souffle, la fête de l'amour des mères envers leurs enfants et la fête de l'amour des enfants envers leur mère.

L'amour des mères est un amour de chaque jour et de chaque instant. Et l'amour des enfants, comment doit-il être chaque jour? L'amour des mères est un amour qui ne se lasse pas d'aimer, de donner, de pardonner? Et l'amour des enfants, comment doit-il être, lui?

Aujourd'hui, j'irai voir ma mère. Je ne la vois pas aussi souvent que j'aimerais. Je suis un fils comme les autres. J'aime ma mère.

Bonne fête, maman.

 

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10 mai 2004