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Je me souviens.

Le dimanche 2 mai 2004

La semaine dernière, nous célébrions le centième anniversaire de la naissance du Cardinal Paul-Émile Léger. Anniversaire qui évoque bien des souvenirs.

À vous tous qui lisez cette chronique aujourd’hui, je veux rappeler la mémoire de celui qui était mon évêque quand je suis devenu prêtre et qui fut à la tête du diocèse de Montréal durant dix-sept ans.

Le cardinal Léger a marqué à sa façon l’histoire du diocèse de Montréal. Le jeune sulpicien qui rêvait de mission avait réalisé son rêve en partant pour le Japon, mais sa santé fragile devait l’obliger à revenir au pays après quelques années. Par la suite, il fut tour à tour professeur, curé de la paroisse cathédrale de Valleyfield, recteur du Collège canadien à Rome avant de devenir archevêque de Montréal en 1950.

Alors commence l’étape de sa vie dont les gens d’un âge certain se souviennent. En effet, le cardinal s’est fait connaître par ses interventions publiques qui ne passaient pas inaperçues. Avec lui, ce fut l’époque du chapelet en famille à la radio qui, avec les années, est devenue une des émissions les plus écoutées des ondes. Tous les soirs à sept heures, les gens se rassemblaient autour de leur radio pour prier avec lui. Durant la décennie, le cardinal a créé un certain nombre d’œuvres. Les plus importantes furent l’Institut Dominique-Savio pour les jeunes en difficulté, le Foyer de charité et l’hôpital Saint-Charles-Borromée qui ont accueilli les plus démunis des malades qui ne pouvaient trouver d’endroit où être pris en charge.

Les années 60 nous ont amené la Grande Mission qui s’inspirait de l’expérience du futur pape Paul VI, alors archevêque de Milan. Ce fut une démarche d’éducation de la foi qui toucha toutes les paroisses du diocèse et qui préparait les fidèles à vivre le concile Vatican II. Car les années 60 sont marquées par cet événement unique qu’a été le concile. Pour le cardinal Léger, ce fut un moment plus qu’important dans sa vie de pasteur. D’ailleurs les chrétiens et les chrétiennes qui ont vécu cet événement ne sont pas restés indifférents à cette remise en question de bien des façons de penser et d’agir dans l’Église.

Cette expérience a profondément touché le cardinal Léger qui décidait, en 1967, de quitter sa charge d’archevêque de Montréal pour redevenir le missionnaire qu’il avait toujours rêvé d’être. L’Afrique serait maintenant la terre où il se dépenserait au service des lépreux. Les nombreuses difficultés qu’il rencontrera l’obligeront à revenir au pays où il sera le porte-parole des sans voix. Les Oeuvres du Cardinal Léger perpétuent son action aujourd’hui.

Le centième anniversaire de sa naissance nous rappelle les nombreux virages qu’il a eu à effectuer dans sa vie comme c’est souvent le cas dans la vie de bien des gens. Alors, continuer sa route en conservant son idéal et sa volonté d’avancer est la marque de la valeur d’une personne.

Aujourd’hui, il me fait plaisir de rendre hommage au cardinal Léger. Maintenant, c’est moi qui ai la charge du diocèse de Montréal. Je comprends mieux quelle fut la lourdeur de sa tâche et comment il a su affronter les changements nécessaires pour être fidèle à sa mission.

 

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6 mai 2004