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Fêter la victoire de la lumière et de la vie Le dimanche 11 avril 2004 On nous demande assez souvent comment l'Église s'y prend pour fixer la date de Pâques, qui peut tomber entre le 22 mars et le 25 avril. La réponse est la suivante. Depuis le concile de Nicée (325), Pâques est célébré le premier dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps. Il y a, dans cette manière de faire, tout un symbolisme qu'il est intéressant de connaître. Quand arrive l'équinoxe de printemps (21 mars), le jour a une longueur égale à celle de la nuit, mais dès le lendemain le jour prend le dessus sur la nuit. Puis, quand brille la pleine lune, la nuit est plus claire que durant les autres jours. Ces deux premiers points de repère nous aident déjà à comprendre que Pâques est une fête de lumière. Elle célèbre la victoire de la lumière sur les ténèbres. Mais il faut aussi remarquer que Pâques est toujours célébré un dimanche. La raison en est simple. Après avoir été mis à mort un vendredi, Jésus est ressuscité trois plus tard, le lendemain du sabbat, que les Juifs nommaient «premier jour de la semaine». Ce jour-là a vite été reconnu comme un jour tout à fait particulier par les disciples du Christ. Ils l'ont appelé «le jour du Seigneur» (le mot Seigneur se dit Dominus en latin), le jour où le Christ est ressuscité, le jour où il a été relevé de la mort, le jour où il a été déclaré Seigneur du ciel et de la terre. Dans le monde païen, le «premier jour de la semaine» s'appelait «jour du soleil». Au début du IVe siècle, grâce à l'édit de Milan (313), le christianisme fut pratiquement reconnu comme religion d'État. À partir de ce moment, l'expression «jour du Seigneur» (dimanche) prit peu à peu le dessus sur celle du «jour du soleil», pour désigner le premier jour de la semaine. La fête de Pâques est donc la fête de la victoire de la lumière sur les ténèbres, et de la victoire de la vie sur la mort. Elle célèbre le Christ-Lumière-du-monde, vainqueur de la mort. À notre époque, beaucoup d'hommes et de femmes célèbrent Pâques en se référant uniquement aux dimensions cosmiques de la fête. Pâques est vu comme la fête du printemps qui prend le dessus sur l'hiver, et comme la fête de la vie qui manifeste sa vigueur et repart sans cesse. Les arbres retrouvent leur feuillage et redeviennent en fleurs. L'eau se remet à couler librement dans les ruisseaux et les rivières. Des oiseaux reviennent chez nous. Et «les crapauds chantent la liberté»! Les chrétiens/chrétiennes insistent sur la dimension spirituelle de la fête, qui est pour eux essentielle. Pâques célèbre le Christ ressuscité. Il est la «fête des fêtes», la «fête par excellence» qui, en plus de proclamer la résurrection du Christ, proclame, avec la même ferveur, celle de ses disciples. Eux aussi ressusciteront un jour. La fête de Pâques fait plus encore. Elle annonce la venue d'un monde nouveau où «la mort n'existera plus; et il n'y aura plus de pleurs, de cris, ni de tristesse» (Livre de l'Apocalypse, chapitre 21, verset 4). Pâques est donc un grand jour de lumière, de
vie et d'espérance. Il invite les hommes et les femmes que nous
sommes à marcher vers la lumière, à croire en la
vie, à la protéger et à la respecter. Il invite à
ne jamais se décourager face aux difficultés et aux échecs.
Il proclame que ce n'est pas la mort qui aura le dernier mot, mais la
vie; que ce n'est pas le mal qui remportera la victoire, mais le bien;
et que ce n'est pas la haine qui sortira vainqueur, mais l'amour.
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