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Les femmes dans l'Église

Le dimanche 7 mars2004


Le sujet que j'aborde est évidemment inspiré par la Journée internationale de la femme que nous célébrerons demain.

Cette journée, qui nous interpelle fortement et nous invite à de rudes examens de conscience, je la considère comme une grâce donnée à notre temps. Je dis cela en pensant particulièrement au témoignage d'une juive, nommée Lilly, qui a écrit ce qui suit dans un livre de Monique Hébrard : « Je crois que la première valeur que [la femme] apportera, ce sera la paix. Je n'ai jamais compris comment les femmes pouvaient laisser partir à la guerre l'homme qu'elles aimaient ou l'homme qu'elles avaient enfanté. Elles s'opposeront à la mort; elles savent ce que c'est que la vie puisque ce sont elles qui la donnent. »

Ce que cette Lilly affirme du destin de l'humanité entière, je crois qu'il convient de le dire également de l'avenir de l'Église. Cet avenir ne peut se penser sans l'apport original des femmes.

Avant de m'avancer plus loin, je tiens à souligner que je suis conscient de ce qui se pense, s'écrit et se dit, ici et là, concernant la situation des femmes dans l'Église. Les points de vue différents, les conflits, les tensions, les déceptions ne manquent pas. Je ne veux cependant pas que ce soit un motif pour ne rien dire. Il y a tant à dire… et tant à faire!

Il a d'abord à dire que, dans notre Église, non seulement les femmes sont les plus nombreuses à la messe du dimanche, mais elles sont aux avant-postes et en plus grand nombre que les hommes dans plusieurs domaines: celui de l'éducation de la foi, celui la pastorale de l'initiation aux sacrements, celui de la collaboration à la charge pastorale des prêtres dans les paroisses, celui de l'entraide et de l'engagement social.

Ce qu'on sait moins, c'est que ces femmes ont souvent acquis une très sérieuse formation avant de s'impliquer. Et ce qu'on ne sait pas assez, c'est qu'elles sont de plus en plus nombreuses à enseigner dans les facultés de théologie, à exercer un ministère de prédication ou d'accompagnement spirituel, à occuper des postes de direction dans les organismes et les services diocésains.

Certaines et certains d'entre vous me diront que le sacerdoce est refusé aux femmes. Je sais, la question du sacerdoce n’est pas ouverte. Cependant celle d'un meilleur partage à établir et d'un meilleur équilibre à trouver entre les responsabilités confiées aux hommes et aux hommes demeure toujours ouverte.

J'aimerais bien qu'hommes et femmes ensemble, nous continuions de progresser en ce domaine où il nous est possible de le faire. Parce que tout n'est pas possible, nous aurions tort de penser que rien ne l'est.

Le jour de sa résurrection, c'est à des femmes que Jésus s'est montré en premier, et c'est à elles qu'il a confié la mission d'aller dire aux disciples et à Pierre qu'ils pourraient le rencontrer en Galilée. L'événement est inoubliable. Plus on se le rappellera, mieux on comprendra jusqu'à quel point hommes et femmes sont solidaires et partenaires dans l'annonce de l'Évangile de Jésus Christ.

 

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8 mars 2004