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Le Carême

Le dimanche 22 février 2004

Cette semaine, débute le Carême pour les chrétiens. Les plus âgés se souviennent de ce temps où le jeûne et l’abstinence étaient de rigueur durant quarante jours. Les plus jeunes, pour la plupart, n’en connaissent que le nom, peut-être.
Même si beaucoup de religions ont des temps forts destinés à favoriser une démarche vers Dieu, le Carême chrétien a son originalité propre. En lien avec les traditions juives dont elle est issue, la religion chrétienne propose à ses fidèles un temps précis de pénitence dans l’année pour donner plus de place à Dieu dans notre vie. C’est le Carême.

Le Carême chrétien est moins visible surtout de nos jours. Pourtant dans les églises, mercredi prochain, le premier jour du Carême, les fidèles vont se rassembler pour recevoir les cendres. Ils commenceront leur marche vers Pâques. Le Carême est le chemin qui nous conduit vers la grande fête de la foi chrétienne : la résurrection de Jésus. C’est son originalité.

Le mot carême vient d’un mot latin qui signifie quarantaine. Dans la Bible, le chiffre quarante indique souvent le temps nécessaire pour réaliser quelque chose d’important, Ainsi le peuple juif erra quarante ans dans le désert avant d’atteindre la Terre promise. Moïse, comme le prophète Élie, passa quarante jours sur la montagne du Sinaï avant de recevoir sa mission auprès du peuple juif. Jésus lui-même, nous dit saint Luc, passa quarante jours dans le désert avant de commencer sa prédication.

Dès le troisième siècle, les chrétiens prirent l’habitude de célébrer, à la nuit pascale, après une préparation de quarante jours, le baptême des nouveaux convertis qu’on appelait catéchumènes. Le Concile de Nicée, tenu en 325, a le premier fait mention de l’existence du Carême comme temps de préparation à Pâques. Assez vite, ce qui s’adressait d’abord aux nouveaux convertis, fut proposé à tous les fidèles. Ce temps, fait d’une prière plus intense, a toujours inclus la pénitence, particulièrement sous forme du jeune et de l’aumône aux plus pauvres.

Depuis le Concile Vatican II, qui se termina en 1965, les jours de jeûnes proposés aux fidèles ont été réduits. Deux jours de jeûne et d’abstinence (privation de viande) sont prescrits aux fidèles : le mercredi des Cendres et le Vendredi saint. L’Église met maintenant l’accent sur la lutte à l’injustice et l’aide aux plus pauvres. En cela, elle est attentive à la parole de Dieu qui en Isaïe (chapitre 58, 6 et suivants) dit : «  N’est-ce pas plutôt ceci le jeune que je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug; renvoyer libres les opprimés, partager le pain avec les affamés… ». C’est ainsi que Développement et Paix, œuvre fondée par les évêques catholiques canadiens pour venir en aide aux pays du tiers-monde, invite les fidèles à ce jeûne de l’aumône pendant la période du Carême.

Le temps du Carême exhorte les chrétiens à laisser plus de place à Dieu dans leur vie et à accorder du temps à la méditation et à la prière. Et pour bien se préparer à Pâques quelle meilleure façon que de vivre ce que Jésus a dit : « Tout ce que vous aurez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

 

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24 février 2004