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Patience et longueur de temps…

Le dimanche 15 février 2004

« Patience et longueur de temps valent mieux que force et rage », dit le proverbe. Cet adage me semble particulièrement à propos en cette fin de semaine de la fête de la St-Valentin.

En effet, on ne peut parler d’amour sans parler de temps et de patience. Une relation humaine vraie ne se construit pas en une journée. Quand nous rencontrons des gens, nous gardons toujours une première impression, habituellement basée sur les apparences, mais bien le connaître demandera du temps.

Lorsque l’amour traverse le temps, il prend toute sa saveur. Qui n’a pas rencontré un couple qui, après cinquante ans de mariage, peut exprimer toute la sagesse d’un amour plus fort que tout? Ils ont traversé avec patience les âges de la vie, avec ce que cela signifie de bouleversements.

Ces gens vous diront combien la patience a été une vertu importante dans leur vie de couple et de famille. Patience d’abord pour accueillir l’autre dans son cheminement personnel, à son rythme. Nous voudrions que l’autre change, comprenne comme nous, soit plus ceci ou devienne moins cela… Et nos désirs ne deviennent pas souvent réalité! Pourtant, avec de la patience, le temps nous apprend à accueillir l’autre dans ses grandeurs et ses misères.

Patience également nécessaire pour se comprendre soi-même. En effet, si nous pouvons avoir de la difficulté à comprendre notre partenaire, il arrive aussi que nous ayons à nous découvrir nous-mêmes. La vie nous apprend que nous ne sommes pas parfaits, que nos habitudes et façons de faire peuvent déplaire à d’autres, simplement parce qu’elles sont différentes des leurs. En amour, nous sommes très rapidement confrontés à nous-mêmes. L’autre devient comme un miroir. Lorsqu’une attitude nous irrite qu’est-ce que cela révèle de nous? Ce qui m’a choqué ne serait-il pas une attitude présente en moi… et que je n’aime pas?Patience enfin d’accepter que tout ne se règle pas immédiatement. Nous voudrions trouver tout de suite la solution à chacun de nos différents. Cela n’est pas toujours possible. Il faut savoir attendre le moment propice avant d’aborder des sujets que nous savons délicats. L’attention à l’autre est une clé de succès.

L’amour est un sentiment extraordinaire, le dynamisme fondamental de notre vie. Il nous pousse vers l’avant, vers l’autre, vers l’inconnu. Nous voudrions parfois rester dans l’apparente béatitude des premières rencontres, où nous avons de l’autre une image parfaite. Cela n’est malheureusement pas possible. Si nous voulons construire une relation durable et stable, il faudra accepter le désenchantement. L’amour n’en sera que plus fort; au lieu d’aimer ce que j’aime dans l’autre, au lieu d’aimer ce en quoi il me ressemble, je serai alors capable d’aimer l’autre, dans toutes ses dimensions.

Il peut arriver que nous soyons transportés par le rythme particulièrement rapide de notre société. Tout est accessible rapidement : les heures d’ouverture des commerces sont étendues, l’Internet nous donne un accès quasi instantané à toute heure du jour et de la nuit… Et nous voudrions que cela soit ainsi dans nos relations humaines? Impossible! Nous restons des humains, libres, capables de penser et de cheminer… dans le temps. Rien d’instantané ici!

« Aimez-vous les uns les autres », nous a enseigné Jésus. À lui de nous apprendre à aimer, de façon vraie et durable dans la patience! Bonne St-Valentin!

 

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16 février 2004