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François de Sales, un sage, un saint

Le dimanche 18 janvier 2004

Nous entrons aujourd’hui dans la semaine de prières pour l’unité des chrétiens. Une semaine qui nous invite à refaire les liens brisés entre chrétiens.

Chaque année, à pareille date, les Églises chrétiennes, au-delà de leurs divisions, s’unissent dans une prière commune. Elles prient pour retrouver l’unité que le Christ a désirée pour ses disciples. Avant son départ, Jésus a prié son Père pour tous ceux qui croiront en lui : « que tous soient uns … afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jean 17, 21). C’est en réponse à ce souhait de Jésus que les chrétiens cherchent, dans la prière et le dialogue, à faire cesser le scandale de la division des ceux et celles qui se réclament disciples du Christ.

On sait qu’au cours de l’histoire, les disciples du Christ se sont hélas maintes fois divisés, bataillés et même entretués. Ces batailles étaient souvent engendrées par des intérêts politiques et économiques très éloignés du message de l’Évangile.
Heureusement, il est apparu à chaque période de l’histoire des personnes qui ont combattu ces déchirements et qui ont tenté des rapprochements. Je veux vous présenter un de ces visionnaires, que j’affectionne particulièrement, François de Sales.

François de Sales est né en 1567, quelques années après la mort de Luther et de Calvin, deux grandes figures de la réforme protestante. Originaire de Thorens en Savoie, il a vécu toute sa vie dans un pays où se disputaient catholiques et calvinistes. À l’époque, les sujets devaient adopter la foi et la religion de leur prince. Aussi, au gré des aléas des conquêtes du duché de Savoie-Sardaigne, la population devenait-elle tour à tour catholique ou calviniste.

Devenu prêtre puis évêque catholique de Genève-Annecy, François de Sales comprit que les convictions religieuses devaient reposer sur autre chose que l’appartenance à la foi d’un prince. Homme d’une grande douceur et d’un grand respect des autres, il s’employa à présenter l’Évangile et à convertir les cœurs plutôt qu’à forcer les consciences.

Homme de dialogue, il eut l’audace de rencontrer Théodore de Bèze, successeur de Calvin. Il fit placarder ses arguments évangéliques en plein territoire calviniste. Ce travail d’écriture publique lui valut d’ailleurs d’être choisi comme patron des journalistes.

Très ouvert d’esprit, François fut un défenseur de Galilée. Il comprit, bien avant Vatican II, l’importance du rôle de tous les baptisés dans l’Église. Henri IV, roi de France, celui-là même qui a dit que « Paris valait bien une messe » qualifia François de « rare oiseau sur terre » Ce dernier, ne reculant devant aucune audace, publia un livre invitant les laïcs à la sainteté. Plus de quarante éditions de L’introduction à la vie dévote furent publiées du vivant de François.

Souhaitons que la prière des chrétiens pour l’unité fasse naître de nouveaux François de Sales. Des hommes et des femmes qui sauront jeter des ponts afin que les incompréhensions et les oppositions des siècles passés puissent se résoudre dans une foi commune à Jésus…

Dans ma chronique du 4 janvier dernier, j’ai écrit que le Frère André est décédé il y a 77 ans. Pour être fidèle à l’histoire et à la vérité, je tiens à rectifier l’erreur et à rappeler que le Frère André est mort le 6 janvier 1937, il y a 67 ans.


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19 janvier 2004