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« Mon Dieu, bénissez la nouvelle année »

Le dimanche 28 décembre 2003

Plusieurs d'entre nous se souviennent de ce cantique autrefois partout chanté dans les églises, le 1er janvier. On le chante encore, ici et là.

Il implore Dieu en disant: «Rendez heureux nos parents, nos amis». Puis il ajoute: cette nouvelle année, «elle est toute à vous, et nous est donnée pour mériter le paradis». La finale est répétée: «Pour mé-é-riter le pa-a-radis». Jadis, on y pensait souvent au paradis. Il serait dommage de ne plus maintenant jamais y penser.

Le paradis, c'est là où Dieu nous appelle et nous attend. C'est là où le bonheur est sans faille, la liberté sans entrave, la justice sans accroc. C'est là où l'amour flambe chaque jour et à toute heure du jour. Mais avant le paradis, il y a le séjour sur terre, fait de bons et de moins bons moments, de bonnes et de moins bonnes années.

Quand nous demandons à Dieu de bénir l'année qui commence, nous ne sommes pas naïfs. Nous savons bien que Dieu ne nous épargnera pas ce qui peut toujours arriver dans une vie: l'épreuve, l'échec, la maladie, la déception, un cataclysme… Nous lui demandons cependant d'être avec nous, quoi qu'il arrive. La prière n'est jamais destinée à nous libérer de nos responsabilités et du poids de l'existence qui, parfois, peuvent être lourds à porter. Elle est là pour nous aider à les assumer.

C'est pourquoi, en priant Dieu, aujourd'hui, de vous bénir, je l'implore d'être avec vous chaque jour, quel que soit le temps qu'il fasse. Et je lui demande de vous accorder ce dont nous avons tous besoin: du courage, des moments de joie, de l'amour, de la patience et de l'amabilité, de la tendresse, du respect les uns pour les autres… et toutes ces autres bonnes choses qui donnent à une existence humaine sa saveur, sa beauté et sa fécondité.

Au début d'une année, nous ne devons pas nous contenter de demander à Dieu de nous bénir, nous devons nous aussi le bénir. Bénir Dieu, c'est lui dire merci. Merci pour la vie, qui est un don, et pour tout ce qu'elle comporte de bon. Merci pour l'amitié, le pain, le travail, les enfants et les petits-enfants, les amis, la neige et le vent, les fleurs, les saisons… Merci pour tout ce qui s'accomplit en vue de l'instauration d'une terre plus humaine: les efforts pour plus de justice, plus de paix, plus de solidarité. Merci pour la richesse des cultures et des langues, pour la splendeur des paysages, pour l'admirable mosaïque des êtres humains.

L'homme, la femme ou l'enfant qui bénit Dieu et le remercie, n'est pas un être déconnecté du réel. et il ne souffre pas d'un optimisme béat. Il est au contraire très réaliste. Il sait voir la lumière là où il y a aussi des ténèbres. Il sait discerner du bien même là où il y a du mal. Il sait voir qu'un cœur peut aimer même s'il est parfois habité par la haine ou la jalousie. Il bénit Dieu parce que Dieu lui donne de vivre dans l'espérance.

Cette espérance est fondée sur quelques convictions indéracinables: Dieu veut notre bien et le bien de tous; notre vie repose entre ses mains bienveillantes; son amour est fidèle et son pardon toujours disponible; Dieu marche avec nous; il n'abandonne jamais personne en chemin; nous comptons tous beaucoup pour lui; nous sommes tous ses bien-aimés.


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29 décembre 2003