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La déclaration universelle des droits de l’Homme

Le dimanche 7 décembre 2003


Mercredi prochain, le 10 décembre, nous nous souviendrons que, il y a 55 ans, l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) adoptait une résolution exceptionnelle : la déclaration universelle des droits de l’Homme.
Adoptée à Paris le 10 décembre 1948, cette résolution marquait un pas important dans l’histoire de l’humanité. Pour la première fois en effet, des voix de partout sur la planète s’unissaient pour reconnaître ensemble la dignité de l’être humain et les droits qui en découlent.

Cette déclaration n’a pas à proprement parler de portée juridique; il ne s’agit pas d’un traité international. Sa portée est avant tout morale. Mais elle a inspiré de nombreux accords, conventions et constitutions. Elle est devenue une charte au caractère presque sacré. Comportant trente articles, la déclaration affirme d’abord la nécessité de protéger les libertés fondamentales par un régime de droit, puis énonce les droits tant au niveau politique que social ou économique.

Trois conditions sont nécessaires au respect des droits de l’Homme. L’être humain doit d’abord être reconnu en tant que tel comme une valeur. Il possède un statut juridique. Enfin, ce statut juridique doit être garanti par l’autorité politique.
Cinquante-cinq ans plus tard, tout n’est pas réglé! Plus d’un milliard d’êtres humains luttent pour survivre avec moins d’un dollar par jour. Trente-cinq mille enfants meurent chaque jour de malnutrition et de maladies. De nouvelles données se sont ajoutées : le contrôle technologique de la procréation, la dégradation poussée de l’environnement, l’euthanasie… Autant de questions qui doivent être débattues afin que la dignité humaine soit toujours reconnue et respectée.

L’Église est partie prenante de cette lutte pour le respect des droits humains. Remarquons ici qu’il ne s’agit pas avant tout de droits individuels; nous parlons des droits de l’Homme, en tant que réalité sociale. L’homme et la femme n’existent que dans leur relation avec les autres. Les sociétés encadrent ces relations. C’est dans ce contexte que nous pouvons parler des droits de l’Homme.

Dans son encyclique intitulée « Pacem in terris », publiée en 1963, le pape Jean XXIII rappelle que l’Église a favorablement accueilli la déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations-Unies.Il y réaffirme que c’est dans la dimension transcendante de la personne que se trouve la source de sa dignité et des droits inviolables qui en découlent. Le simple fait d’être une créature de Dieu confère à l’être humain toute sa dignité. C’est là le fondement des droits de l’Homme.
L’Église rappelle également qu’à tous ces droits sont liés des devoirs. Nous l’oublions trop souvent. Nous sommes tous tenus par le devoir de respecter le droit, de promouvoir le bien les uns des autres, de concourir au bien de l’ensemble. Les droits personnels n’ont aucun sens sans l’affirmation des devoirs qui en découlent.
Le pape Jean-Paul II a quant à lui réservé une large place à l’affirmation des droits de l’Homme. Il trace un lien nécessaire entre la morale chrétienne, la dignité de la personne humaine et la paix. La personne humaine est le fondement et l’objectif de la vie sociale; le droit doit être au service de cette réalité.

Dans notre vie de tous les jours, nous ne récitons pas les trente articles de la déclaration de droits de l’Homme chaque jour. Cependant, prenons le temps de réaliser la chance que nous avons de vivre dans un état où ces droits sont respectés et protégés. Rendons grâce au Créateur pour la dignité qu’il nous donne.


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8 décembre 2003