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Ces enfants qui n’ont rien.

Le dimanche 16 novembre 2003

Certains enfants n’ont pas de chance. Ils sont sans support, sans confort, sans l’amour dont ils auraient besoin. Et, surtout, sans personne pour leur enseigner l’espoir.

Il y a quelques semaines, j’écoutais le Général Roméo Dallaire, ancien commandant des forces de l’ONU au Rwanda, dire à quel point un militaire de carrière comme lui a pu être démuni devant l’utilisation des enfants soldats par les factions ennemies.
Cette entrevue m’est restée en tête plusieurs jours. Quelle vie ont les enfants soldats? À quel avenir peuvent-ils prétendre, eux qu’on utilise comme instruments de mort à un âge où la vie devrait s’ouvrir à eux. Enfants orphelins, estropiés par les mines antipersonnel, enfants aux yeux troubles dont les maîtres se débarrassent après usage.

Et que dire des enfants qui n’ont plus d’enfance? Ces enfants qu’on fait travailler dans des conditions pénibles? Enfants qui fabriquent ces beaux objets décoratifs venus de pays lointains et vendus très peu cher. Petits doigts habiles à tresser les tapis et les paniers délicats. Enfants si jeunes, à peine nourris. Des esclaves. Pensera-t-on à eux au moment d’acheter ces jolies décorations de Noël fabriquées à la main et vendues à bas prix?

Et ces enfants victimes de la pornographie infantile. Pauvres rouages du tourisme sexuel et des réseaux de pédophiles. Des milliers d’enfants de par le monde sont victimes d’organisations inhumaines et soucieuses de leur seul profit.

Ces jeunes de la rue. Ceux et celles qu’on retrouve dans toutes les grandes villes du monde. Proies faciles pour les vendeurs de drogue et les profiteurs de tout acabit, souvent plus près de nous que nous ne le souhaiterions. Enfants des pays lointains mais aussi enfants de chez nous. Enfants de nos voisins, enfants de nos familles. Enfants qui crient une révolte que nous ne comprenons pas toujours, mais qui est bien réelle.

Plus de 250 millions d’enfants vivent un peu partout dans le monde dans des conditions qui nient leurs droits les plus fondamentaux. On peut se sentir impuissant devant un tel chiffre. Mais il faut lutter. Comment? Il n’y a pas de recette magique. Mais chacune et chacun à son niveau, nous pouvons faire quelque chose. Il faut s’informer. Revendiquer les droits des sans voix. Collaborer financièrement ou autrement avec des organismes qui oeuvrent au plan international, tel Développement et Paix.

Il faut s’occuper des jeunes qui sont proches de nous. C’est notre premier espoir. C’est sans doute le plus difficile parce que les résultats apparents et immédiats ne répondent pas toujours à nos attentes.

Ensuite il faut encourager par notre estime et notre soutien financier les organismes communautaires, les travailleurs de rue qui cherchent à joindre les jeunes. Je pense ici notamment, à l’œuvre du Bon Dieu dans la rue dirigée par le Père Emmet Johns, mais il y en a d’autres. Tous les jours, ces gens accueillent les jeunes, les nourrissent et leur procurent chaleur et réconfort. Ils les écoutent et les respectent.

Le 20 de ce mois, ce sera la Journée Internationale des droits de l’enfant. Souhaitons que partout au monde, les jeunes rencontrent des adultes qui leur donnent le goût de vivre, et de vivre dans notre monde, même imparfait.



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17 novembre 2003