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La cathédrale du Pape

Le dimanche 9 novembre 2003

D’entrée de jeu, je vous pose une question : selon vous, quelle est la cathédrale du Pape ?

Je suis convaincu que la plupart d’entre vous ont répondu : la Basilique Saint-Pierre. Je dois vous dire que ce n’est pas la bonne réponse. Même si nous sommes habitués à voir le Pape présider la majorité des célébrations à Saint-Pierre de Rome devant des foules immenses, cette église n’est pas sa cathédrale. Elle nous dévoile plutôt la primauté pastorale du Pape sur l’ensemble de l’Église.

Avant d’être le pasteur de l’Église universelle, le Pape est d’abord l’évêque du diocèse de Rome. Et comme tout diocèse, celui-ci a sa propre cathédrale, à savoir la Basilique Saint-Jean de Latran. C’est cette église que la liturgie célèbre aujourd’hui.
Si on jette un regard sur son histoire, on apprend des choses intéressantes. Après avoir mis un terme aux persécutions des chrétiens, l’empereur Constantin fit ériger vers l’an 320 une église sur le domaine de la famille Laterani pour qu’elle soit le siège de l’évêque de Rome. On la dédia à saint Jean-Baptiste.

Ainsi cette église est la première en date et en dignité de toutes les églises d’Occident. Au long de son histoire, quatre conciles se tinrent dans cette église. Le nom du Latran est aussi associé à un événement important qui eut lieu le 11 février 1929: la signature du Traité du Latran entre le Pape Pie XI et Mussolini.

Ce traité a réglé d’une manière définitive la question romaine, restée pendante depuis l’occupation de Rome par les Italiens en septembre 1870, à l’époque de l’unification de l’Italie, alors divisée en petits royaumes, dont les États pontificaux. Par ce traité, le Pape reconnaissait le royaume unifié d’Italie avec Rome comme capitale.
En retour, le gouvernement italien reconnaissait la religion catholique comme la seule religion de l’État, ainsi que la souveraineté temporelle du Pape sur la Cité du Vatican qui était ainsi institué État pontifical même s’il a moins d’un kilomètre carré.. Cette souveraineté s’étendait aussi à d’autres propriétés hors du Vatican, dont les basiliques Saint-Jean de Latran, Sainte-Marie majeure, Saint Paul hors les murs, et le palais de Castel-Gandolfo.

Le nouvel État était doté d’un gouvernement autonome, de pouvoirs législatifs, d’une police, d’un drapeau, de services publics. Il pouvait aussi frapper monnaie, émettre des timbres-poste et produire des émissions radiophoniques. Il pouvait aussi établir des relations diplomatiques avec les autres États y compris l’Italie, en échangeant respectivement nonces apostoliques et ambassadeurs.

Le Traité du Latran a permis à l’Église de se libérer du pouvoir temporel pour se consacrer à sa mission spirituelle. Libre vis-à-vis tout autre État, l’Église peut jouer pleinement son rôle de guide spirituel pour ses membres et faire entendre le message de l’Évangile parmi toutes les nations. On pourra toujours critiquer certaines de ses prises de position, mais on ne peut lui reprocher d’agir en conformité avec la mission que le Christ lui a confiée.

Je pense que depuis le début du 20e siècle, l’Église n’a jamais été aussi fidèle à ce qu’elle est : servir l’humanité en lui proposant l’Évangile du Christ comme chemin de salut, de fraternité universelle, de respect de la dignité humaine. La centaine de voyages effectués par Jean-Paul II, durant ses 25 ans de pontificat, ont été un moyen privilégié pour remplir cette mission qui est partagée par tous ceux et celles qui acceptent aujourd’hui d’être des disciples du Christ.



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10 novembre 2003